Ici Lili

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Tag - capitalisme

Fil des billets

vendredi, avril 13 2012

Conférence gesticulées, inculture(s) 4 : le plein d'énergie, par Anthony BRAULT

Je vous conseille de visionner les deux vidéos en ligne à l'adresse ci dessous, qui parle de l'avenir proche de l'humanité, sujet présenté avec l'humour caractéristique des conférences gesticulées de Scop le Pavé:

http://www.scoplepave.org/l-energie

Pour en savoir plus, vous pouvez approfondir le sujet avec le billet suivant:

Conférences et cours de Jean-Marc Jancovici

ou/et la conférence d' Yves Cochet :

Pic de Pétrole et Décroissance 1/2 - Yves Cochet

Pic de Pétrole et Décroissance 2/2 - Yves Cochet

lundi, février 13 2012

Lordon et le capitalisme waoow

Ou : le néo-libéralisme expliqué par l'angle alpha(1)

(1)angle alpha = angle qui sépare le désir du salarié du désir de son patron

Voici une émission d@ns le texte très intéressante sur les concepts développés par Frédéric Lordon, dans son livre Capitalisme, désir et servitude - Marx et Spinoza (éditions La Fabrique, 2010), ouvrage qui n'est initialement pas destiné à tout public mais s'adresse originellement à des universitaires. Judith Bernard ne le sachant pas l'a lu, et s'en est apparemment régalé. D'où cette émission qui a le mérite de résumer les idées en question.

Petite présentation du livre :


"Comment un certain désir s'y prend-il pour impliquer des puissances tierces dans ses entreprises ? C'est le problème de ce qu'on appellera en toute généralité le patronat, conçu comme un rapport social d'enrôlement. Marx a presque tout dit des structures sociales de la forme capitaliste du patronat et de l'enrôlement salarial. Moins de la diversité des régimes d'affects qui pouvaient s'y couler. Car le capital a fait du chemin depuis les affects tristes de la coercition brute. Et le voilà maintenant qui voudrait des salariés contents, c'est-à-dire qui désireraient conformément à son désir à lui. Pour mieux convertir en travail la force de travail il s'en prend donc désormais aux désirs et aux affects. L'enrôlement des puissances salariales entre dans un nouveau régime et le capitalisme expérimente un nouvel art de faire marcher les salariés. Compléter le structuralisme marxien des rapports par une anthropologie spinoziste de la puissance et des passions offre alors l'occasion de reprendre à nouveaux frais les notions d'aliénation, d'exploitation et de domination que le capitalisme voudrait dissoudre dans les consentements du salariat joyeux. Et peut-être de prendre une autre perspective sur la possibilité de son dépassement."

Frédéric Lordon est un économiste français, directeur de recherche au CNRS et chercheur au Centre de sociologie européenne (CSE). Il est membre de l'association les économistes atterrés. Et collaborateur régulier du journal le Monde diplomatique.
Son site internet : http://www.fredericlordon.fr/




L'émission est proposée par Daniel Schneidermann, animée par Judith Bernard et réalisée par François Rose.
Durée : 1h30.

"Lordon passe par Spinoza, pour tenter de comprendre comment le capitalisme nous aliène, un capitalisme nouveau, à grands coups d'affects positifs et joyeux, à grandes injections de "fun" et de "waoow", (vous ne connaissez pas le capitalisme "waoow" ? Dans l'émission, Lordon évoque un article de The Economist, qui est ici)."

http://www.arretsurimages.net/

mardi, février 7 2012

[Docu] Notre pain quotidien

notre-pain-quotidien.jpg

Notre pain quotidien (titre original : Unser täglich Brot) est un film documentaire réalisé et co-produit en 2005 par Nikolaus Geyrhalter, sorti en France au cinéma le 14 mars 2007.

Le documentaire fournit des images sur le fonctionnement des plus grandes industries agroalimentaires européennes que ce soit dans le domaine de la production des fruits et légumes que dans celle de la viande. Ni musique ni commentaire ne viennent accompagner les séquences filmées.

Durée : 92 minutes.

"Pendant deux ans, Nikolaus Geyrhalter a placé sa caméra au coeur des plus grands groupes européens agricoles, nous donnant accès des zones inaccessibles. Il a filmé les employés, les lieux et les différents processus de production pour réaliser un documentaire cinéma qui interroge et implique intimement chaque spectateur.
Notre pain quotidien ouvre une fenêtre sur l'industrie alimentaire de nos civilisations occidentales modernes. Réponse à notre sur-consommmation, la productivité nous a éloigné d'une réalité humaine pour entrer dans une démesure ultra-intensive qui a rejoint les descriptions des romans d'anticipation.
Cadrages minutieusement composés, images cristallines, montage fluide construisent un film sans commentaire, sans propagande, dont les images parlent et demeurent.
Notre Pain Quotidien questionne, inquiète et fascine. "

Visionnable également en ligne sur ce lien.

vendredi, janvier 27 2012

[Actu] ALERTE CITOYENNE: NON À ACTA!

Depuis deux ans, l'accord international nommé ACTA (accord commercial anti-contrefaçon) est négocié en secret. Il s'agit d'un accord qui aura des répercussions pour nous tous. Exigeons l'arrêt et la publication du projet. Il est évident que ce traité aura des conséquences dommageables sur la liberté d'expression de chacun.

Vidéo explicative de la situation :

http://www.stopp-acta.info/francais/

Pétition d'Avaaz : la nouvelle menace pour internet

lundi, janvier 23 2012

[Docu] L'encerclement - La démocratie dans les rets du néolibéralisme

encerclement.gif

L'Encerclement - La démocratie dans les rets du néolibéralisme est un excellent film documentaire québécois réalisé par Richard Brouillette, sorti en 2008 aux 11e Rencontres internationales du documentaire de Montréal.

Durée : 160 minutes - sorti le 31 mars 2010 en France.

Attention, je vous préviens, il fait froid dans le dos!

A travers les réflexions et les analyses de plusieurs intellectuels de renom (la liste des intervenants ici), ce documentaire trace un portrait de l'idéologie néolibérale et examine les différents mécanismes mis à l'œuvre pour en imposer mondialement les diktats...

Structure du film :

L'encerclement est constitué de dix chapitres et se divise en deux grandes parties.

Première partie : portrait général de l'idéologie néolibérale

Chapitre 1 : Introduction
Chapitre 2 : Origines
Chapitre 3 : Au coeur du réseau néolibéral, les think-tanks
Chapitre 4 : Petit florilège libéral -- Libertarianisme et théorie des choix publics
Chapitre 5 : Critiques

Seconde partie : l'encerclement de la pensée et de la démocratie par le néolibéralisme

Chapitre 6 : Propagande et endoctrinement -- l'éducation
Chapitre 7 : Propagande et endoctrinement -- les médias
Chapitre 8 : Néolibéralisme ou néocolonialisme -- la force d'imposition des marchés financiers
Chapitre 9 : Néolibéralisme ou néocolonialisme -- la force d'imposition des institutions de Bretton Woods ou le consensus de Washington
Chapitre 10 : Néolibéralisme ou néocolonialisme -- la force d'imposition de l'humanisme militaire ou « la guerre c'est la paix »

Site officiel du film : http://encerclement.info/

Plus de détails sur la page Wikipedia consacrée au film.

vendredi, janvier 20 2012

[Radio] L'histoire de la précarité - Là-bas si j'y suis

Daniel Mermet et son équipe de Là-bas si j'y suis nous ont préparé une émission fort intéressante mercredi dernier :

Histoire de la précarité - émission du 18/01/12

histoire_de_la_precarite.jpg

"La précarité n’est pas le fruit du hasard. Elle est instaurée par des lois depuis trente ans :

1972 - l’intérim est légalisé,
1979 - de même pour les CDD,
1982 - la gauche valide,
jusqu’au CNE de 2005, et au CPE.

Nouvelle version d’un reportage de François Ruffin."

En téléchargement direct ici
ou écoutable en ligne là.

vendredi, juillet 15 2011

Conférences gesticulées, inculture(s) 5

LE TRAVAIL
Travailler MOINS pour gagner plus… ou l’impensé inouï du salaire
…une autre histoire du travail et de la protection sociale…

De Franck LEPAGE et Gaël TANGUY.

(durée 3H30)

"Cette conférence évoque le potentiel d’action collective que recèle de "droit du travail", entendu comme processus d’avancée historique continue de la propriété collective (les travailleurs) contre la propriété lucrative (le capital), symbolisé notamment dans la protection sociale, et de la nécessité d’un syndicalisme réinventé et réactivé. Le salaire n’est pas le prix d’un travail (version de droite) , mais un barême imposé par la lutte, (version de gauche) c’est à dire un rapport de forces par lequel nous obligeons un propriétaire à payer aussi du travail libre à d’autres que nous (retraites, chômage, maladie...et bientôt jeunesse ?). L’enjeu des retraites n’est pas financier (il n’y a aucun problème de financement des retraites) mais idéologique."

Voir en ligne (en plusieurs parties) : http://www.scoplepave.org/le-travail

A voir aussi Inculture(s) 1, et Inculture(s) 2.

dimanche, juillet 3 2011

Conférences gesticulées de Franck Lepage : Inculture(s) 1

inculture.png

La Culture

Un philosophe aujourd’hui oublié, Herbert Marcuse, nous mettait en garde : nous ne pourrions bientôt plus critiquer efficacement le capitalisme, parce que nous n’aurions bientôt plus de mots pour le désigner négativement. 30 ans plus tard, le capitalisme s’appelle développement, la domination s’appelle partenariat, l’exploitation s’appelle gestion des ressources humaines et l’aliénation s’appelle projet. Des mots qui ne permettent plus de penser la réalité mais simplement de nous y adapter en l’approuvant à l’infini. Des «concepts opérationnels» qui nous font désirer le nouvel esprit du capitalisme même quand nous pensons naïvement le combattre...
Georges Orwell ne s’était pas trompé de date ; nous avons failli avoir en 1984 un «ministère de l’intelligence». Assignés à la positivité, désormais, comme le prévoyait Guy Debord : « Tout ce qui est bon apparaît, tout ce qui apparaît est bon. »

Franck Lepage, magistral, la gorge nouée, relate l'histoire de l'éducation populaire, son rôle de prophète de la culture qu'il a été obligé de quitter pour cultiver des choux en Bretagne... Pour notre plaisir. Deux heures d'éveil et de partage.

...Avant, j’étais prophète... Prophète salarié.
Mon travail consistait à dire la vérité. (La vérité officielle).
Et puis un jour, je me suis mis à mentir, et ils ont adoré.
On me faisait venir de plus en plus souvent.
On me disait que cela mettait de l’animation et de la démocratie.
Quand ils ont trouvé que j’allais trop loin, ils m’ont viré.
Depuis, je suis clown... Clown-consultant.


Téléchargement direct

Torrent

Inculture 1, le texte en pdf

Inculture 1, la paquette


Pour obtenir la version du spectacle en DVD ou organiser une représentation, contacter : Société Coopérative d’éducation populaire, «Le Pavé», lepave@no-log.org, Tél : 02 99 45 73 48, http://www.scoplepave.org/.


Des liens :

http://www.scoplepave.org/la-culture

http://www.radio-rouge.org/index.php/2007/02/19/209-incultures-petits-contes-politiques-et-autres-recits-non-autorises

http://www.les-renseignements-genereux.org/videos/8285

Voir aussi le billet sur Inculture(s) 2

mardi, juin 21 2011

[Point de vue] André Gorz, un penseur pour le XXIe siècle

Dans l'émission Là-bas si j'y suis de Daniel Mermet sur France Inter :
Un entretien avec Christophe Fourel, autour d’extraits d’interviews d’André Gorz diffusées dans "A voix nue", sur France culture, entre le 3 et le 8 mars 1991 :
première partie - 9 juin 2011
deuxième partie - 10 juin 2011 .

Ainsi qu'une interview datant de septembre 1990 réalisée par Marian Handwerker en deux parties :

A lire aussi cet article sur Actuchomage.org .

Le temps libéré est une richesse qui a une valeur existentielle...

vendredi, juin 17 2011

[Conf] Bernard Friot sur l'enjeu des retraites

Le mardi 1er juin 2010, l'économiste et sociologue Bernard Friot, auteur de L'enjeu des retraites (Ed. La Dispute, 2010), était invité par l'association "Perspectives communistes" de Montreuil. La Télé de Gauche est venue filmer cette conférence et la restitue en onze chapitres qui suivent les raisonnements et positions de Friot sur la question de la retraite et de la relation au travail dans nos sociétés.



Bernard Friot s'est exprimé dans la célèbre émission de radio militante de Daniel Mermet, Là-bas si j'y suis. A écouter ici (vous pouvez la télécharger ou écouter en ligne).

mercredi, juin 8 2011

[Article] Marinaleda : un modèle d’auto-gestion unique en Europe

Article datant d'avril 2010 par Andrea Duffour trouvé ici.

" marinaleda.jpgDepuis l’alerte google Alternatives au capitalisme j’ai récemment découvert l’existence de MARINALEDA, une commune de 2645 habitants en Andalousie « où Marx vivrait s’il était encore en vie, avec zéro chômage, zéro policier et des habitations à 15 euros par mois » (1). Une alternative au capitalisme réalisée à moins de 2000 km de chez nous et qui fonctionne depuis plus de 30 ans sans que je n’en aie jamais entendu parler ? A la première occasion, c’est donc sac à dos, train, bus et autostop que j’irai pour vérifier si cette belle utopie existe vraiment…

Comme c’est Pâques, je tombe en pleine Semana Santa. Au village voisin on m’avertit : « Leur maire est un fou, quand nous autres, Espagnols, faisons des processions religieuses, eux ils font la fête pendant 5 jours »

J’apprends que la fête de la paix qui tombe durant la Semaine Sainte y est effectivement une tradition depuis plusieurs années et beaucoup de jeunes de Sevilla, Granada ou Madrid ont rejoint les villageois. Des lectures, des films ou une conférence, en solidarité avec la Palestine, ainsi qu un appel au boycott des produits israéliens ouvrent les soirées de concerts et de fête. Pour les nuits, l’immense complexe poly-sportif reste ouvert pour loger les visiteurs de l’extérieur. Une première auberge est en construction.

En tant que membre de l’association de solidarité Suisse-Cuba, je m’étais déplacée pour voir s’il existait effectivement une expérience socialiste un peu similaire à la révolution cubaine ici en Europe et j’en ai eu pour mon compte.

Le droit à la terre et au travail

A Marinaleda aussi, il a fallu d’abord passer par une réforme agraire. « La lutte révolutionnaire du peuple cubain a été une lumière pour tous les peuples du monde et nous avons une grande admiration pour ses acquis », m’explique Juan Manuel Sanchez Gordillo, maire communiste, réélu depuis 31 ans. Il était le plus jeune édile d’Espagne en 1979. En 1986, après 12 ans de luttes et d’occupations où les femmes ont joué le rôle principal, ce village a réussi à obtenir 1200 ha de terre d’un grand latifundiaire, terre qui a aussitôt été redistribuée et transformée en coopérative agricole de laquelle vit aujourd’hui presque tout le village. « La terre n’appartient à personne, la terre ne s’achète pas, la terre appartient à tous ! ».

A la ferme de la coopérative, EL HUMOSO, les associés travaillent 6.5h par jour, du lundi au samedi, ce qui donne des semaines de 39 h. Tout le monde a le même salaire, indépendant de la fonction. 400 personnes du village les rejoignent pendant les mois de novembre à janvier (olives), et 500 en avril (habas, haricots de Lima).

La récolte (huile d’olive extra vierge, artichauts, poivrons, etc.,) est mise artisanalement en boite ou en bocal dans la petite fabrique HUMAR MARINALEDA au milieu du village où travaillent env. 60 femmes et 4-5 hommes en bavardant dans une ambiance décontractée. Le tout est vendu principalement en Espagne. Une partie de l’huile d’olive part pour l’Italie qui change l’étiquette et la revend sous un autre nom. « Nous avons la meilleure qualité, mais malheureusement, c’est eux qui ont les canaux pour la commercialisation » m’explique un travailleur de la ferme. Avis donc aux magasins alternatifs de chez nous pour leur proposer un marché direct…

Les bénéfices de la coopérative ne sont pas distribués, mais réinvestis pour créer du travail. Ça a l’air si simple, mais c’est pour cela que le village est connu pour ne pas souffrir du chômage. En discutant avec la population, j’ai pourtant appris qu’à certaines époques de l’année, il n’y a pas assez de travail dans l’agriculture pour tous, mais que les salaires sont tout de même versés. Comme à Cuba, l’habitation, le travail, la culture, l’éducation et la santé sont considérées comme un droit. Une place à la crèche avec tous les repas compris coûte 12 euros par mois. A nouveau, ça rappelle Cuba où l’éducation est gratuite, depuis la crèche jusqu’à l’université.

Les maisons auto-construites

Plus de 350 maisons ont déjà été construites par les habitants eux-mêmes. Il n’y a pas de discrimination et l’unique condition pour une attribution est de ne pas déjà disposer d’un logement. La municipalité met à disposition gratuitement la terre et les conseils d’un architecte, Sevilla fait un prêt des matériaux. Les maisons ont 90m2, deux salles d’eau et une cour individuelle de 100m2 où on peut planter ses légumes, faire ses barbecues, mettre son garage ou agrandir en cas de besoin. Comme dans certaines régions à Cuba, un groupe de futurs voisins construisent ensemble pendant une année une rangée de maisons mitoyennes sans savoir encore laquelle sera la leur. Une fois le logement attribué, les finitions, l’emplacement des portes, les ouvertures peuvent être individualisées par chaque famille. Le loyer se décide en réunion du collectif. Il a été arrêté fixé à moins de 16 euros par mois. Les constructeurs deviennent ainsi propriétaires de leur maison, mais elle ne pourra jamais être revendue. (En dehors de l’auto-construction, j’ai rencontré une famille qui loue à 24 euros par mois ainsi que la seule ouvrière de la fabrique Humar Marinaleda qui vient de l’extérieur et qui paye, elle, 300 euros pour son logement. Les personnes qui souhaitent vivre à Marinaleda doivent y passer deux ans d’accoutumance avant une décision définitive).

Le coiffeur, qui fait plutôt partie de la minorité de l’opposition, est propriétaire de sa maison et se plaint de devoir travailler quand même. A ma question, pourquoi il ne vend pas sa maison à une des nombreuses familles espagnoles qui aimeraient venir rejoindre ce village, il dit qu’il y a tout de même aussi des avantages de rester ici. (L’opposition serait financée par le PSOE, Partido socialisto obrero espagnol, selon certaines sources).

Ce samedi de Pâques, les intéressé-e-s sont invités à la mairie pour une petite conférence. Le maire nous explique son point de vue sur différents points avant de répondre à nos questions. En voici quelques extraits ou résumés :

S’organiser

« Il faut lutter unis. Au niveau international, nous sommes connectés avec Via campesina, puis nous nous sommes organisés syndicalement et politiquement », nous communique le maire. Esperanza, 30 ans, éducatrice de profession, conseillère sociale bénévole de la municipalité, m’avait déjà expliqué ceci la veille au « syndicat », bar et lieu de rencontres municipal : « Ici, nous avons fait les changements depuis le bas, avec le SAT, syndicat de travailleurs d’Andalousie, anciennement SOC, syndicat fondé en 76, juste après Franco, et avec la CUT, collectif unitaire de travailleurs, parti anticapitaliste ».

Pas de gendarme

« Nous n’avons pas de gendarmes ici - ça serait un gaspillage inutile » Les gens n’ont pas envie de vandaliser leur propre village. « Nous n’avons pas de curé non plus –gracias à Dios ! » plaisante le maire. La liberté de pratiquer sa religion est pourtant garantie et une petite procession religieuse timide défile discrètement, sans spectateurs, dans le village en évitant la place de fête.

Le capitalisme

« La crise ? Le système capitaliste a toujours été un échec, la crise ne date pas d’aujourd’hui. L’avantage de la crise : le mythe du marché est tombé (...) Les réalités sont toujours les mêmes : quelque 2% détiennent 50% de la terre (…). Ceux qui veulent réformer le capitalisme veulent tout changer pour que rien ne change ! Dans le capitalisme, on a des syndicats de régime et non pas des syndicats de classe, il y a beaucoup d’instruments d’aliénation, pas de liberté d’expression, seulement la liberté d’acquisition (...) A Marinaleda, nous serons les premiers quand il s’agit de lutter et les derniers à l’heure des bénéfices. »

Démocratie

« Nous pratiquons une démocratie participative, on décide de tout, des impôts aux dépenses publiques, dans des grandes assemblées. Beaucoup de têtes donnent beaucoup d’idées. Nos gens savent aussi qu’on peut travailler pour d’autres valeurs qu’uniquement pour de l’argent. Quand nous avons besoin ou envie, nous organisons un dimanche rouge : par exemple certainement dimanche après cette fête, il y aura assez de jeunes volontaires qui viendront nettoyer la place ou préparer un petit déjeuner pour les enfants et tout ceci pour le plaisir d’être ensemble et d’avoir un village propre (…). La démocratie doit être économique et sociale, pas seulement politique. Quant à la démocratie politique, la majorité 50%+1 ne sert à rien. Pour une vraie démocratie, il faut au moins 80-90% d’adhérents à une idée. D’ailleurs, toutes nos charges politiques sont tous sans rémunération ».

Luttes futures et amendes…

Le maire appelle à participer à la grève générale annoncée par le SA pour ce 14 avril, en solidarité avec les sans terres en Andalousie qui ne bénéficient pas encore de leur droit à la terre et aussi pour nos revendications à nous. Il préconise aussi la nécessité de nationaliser les banques, l’énergie, les transports, etc. Nous devons 20-30 millions de pesetas d’amendes pour nos luttes différentes…

La culture, les fêtes

« Nous faisons beaucoup de fêtes avec des repas communs gratuits, et il y a toujours assez de volontaires pour organiser tout cela. La joie et la fête doivent être un droit, gratuites et pour tous. Ce n’est pas la mayonnaise des médias qui vont nous dicter ce qui doit nous plaire, nous avons une culture à nous. »

Expérience sociale unique en Europe

Avec un sol qui n’est plus une marchandise, mais devenu un droit pour celui qui veut le cultiver ou l’habiter, une habitation pour 15 euros par mois, du sport ou la culture gratuits ou presque (piscine municipale 3 euros pour la saison), un sens communautaire de bien-être, je pense pouvoir dire que Marinaleda est une expérience unique en Europe.
Chaque samedi d’ailleurs, le maire répond également aux questions des villageois présent-e-s à la maison communale sur la chaîne de la TV locale. Cela nous rappelle l’émission « Alô présidente » de Hugo Chavez, un autre leader pour lequel Gordillo a exprimé son admiration.

La désinformation

Apaga la TV, enciende tu mente - Eteins la TV, allume ton cerveau, ce premier mural m’avait frappé, il se trouve jusqu’en face de la TV locale… A ma question en lien avec la désinformation, Juan Miguel Sanchez Gordillo me fait part de son plan d’écrire un livre sur « Los prensatenientes » – la demi-douzaine de transnationales qui possèdent les médias dans le monde. « Pendant que la gauche écrit des pamphlets que personne ne lit, la droite économique, la grande bourgeoisie, installe chez toi plein de canaux de télévision racontant tous les mêmes valeurs et propageant la même propagande mensongère. (…) Au niveau de l’information, l’éducation est très importante » et, en ce qui concerne le programme national de l’éducation, cela ne lui convient pas. Jean Manuel Sanchez Gordillo me confie donc qu’il compte venir bientôt en Suisse pour étudier notre système d’éducation qui est organisé au niveau cantonal... Probablement il pense que nous sommes une vraie démocratie avec des programmes scolaires indépendants du pouvoir…

Des expériences alternatives au capitalisme qui font peur

Par rapport aux médias, la question que je me pose à nouveau est la suivante : Pourquoi l’expérience de Marinaleda est si mal connue en Espagne ainsi qu’auprès de nos édiles ? Pourquoi Cuba, cas d’école au niveau mondial en ce qui concerne la désinformation, mérite un budget annuel de 83 millions de dollars de la part des Etats-Unis, consacrés uniquement au financement de la désinformation et des agressions contre ce petit pays ?

Y aurait-il des alternatives au capitalisme qui fonctionnent depuis longtemps et qui font si peur à certains ?

Andrea Duffour

Association Suisse-Cuba

http://www.cuba-si.ch

Pour plus d’information : http://www.marinaleda.com

(1) Nouveau Parti Anticapitaliste, http://www.npa2009.org, article du 10.1.2010 "

Le théâtre municipal de Marinaleda :

lundi, mai 23 2011

[Article] Un témoignage de Madrid

Source : le Blog de Corinne Morel Darleux
Voir l'article d'origine : ici et la suite ici.

"Le mouvement Democracia Real Ya (DRY) s'étend en France, à la Bastille à Paris où un campement semble s'organiser et où les camarades du PG assurent sono, traductions et soutien, à Lyon aussi hier avec 300 personnes. Pendant ce temps, à Madrid, la place Puerta del Sol est occupée, les AG vont bon train, entre ceux qui veulent aller voter et ceux qui ne veulent pas (c'est jour d'élections aujourd'hui en Espagne), cependant tous d'accord sur une chose : "la calle no calla!".

"Declaramos ilegal la democracia actual". La décision de la Junta Electoral Central (le tribunal électoral espagnol) d'interdire les manifestations pour ne pas influencer le vote de dimanche n'a pas été suivie, c'est le moins qu'on puisse dire. Le mouvement Democracia Real Ya avait prévenu qu'il ne pensait pas obéir. Et depuis dimanche, à chaque fois que les rassemblements ont été interdits, le nombre de militant-e-s a augmenté. Des AG de quartier se mettent en place. Le gouvernement de Zapatero est complètement débordé.

Témoignage en (quasi) direct et images reçues tout au long de la journée de Madrid de ma camarade Céline Meneses qui est sur place.

madrid_220511_5_s.jpg 13h30 - Ici la place est comble. Des débats s'organisent un peu partout au milieu des manifestants, des badauds, des tentes et des stands improvisés.

Les mots d'ordre pullulent sur les murs: "Jamais la voix du peuple ne sera illégale", "Résistance à la dictature économique", "Ta corruption, ma perdition", "la calle no calla (la rue ne se taira pas)", "Démocratie en travaux", "que les banquiers paient la crise", ", "stoppons le nouvel ordre mondial", "ils ne le savent pas encore mais on va les dégager", "A bas le régime, vive la lutte du peuple on n'a pas peur!", "nous somme tous Tunisie, Egypte, Libye, Maroc, Grèce, Yémen, Portugal, France, Royaume Uni, Italie"

Il fait très chaud. Les jeunes se sont organisés. Ils passent et brumisent tout le monde.

Un seul mot face à ce spectacle: IMPRESSIONANT!

madrid_220511_s.jpg 14 h - On vote sur la question suivante:
-on reste une semaine de plus?
-on ne reste pas une semaine de plus?
-on reste plus d'une semaine s'il le faut?

Résultat majoritaire: on reste une semaine et plus s'il le faut!

Et si on n'obtient pas ce qu'on veut?
Proposition: "dans ce cas on viendra au moins tous les week-end et ce qui peuvent durant la semaine"

madrid_220511_2_s.jpg15h - Inquiétudes, il fait très chaud, des malaises.

On leur donne des panneaux solaires au cas où ils n'auraient plus d'électricité (pour le moment ils utilisent de accumulateurs d'énergie amenés par des manifestants). Réponse de la foule: "ok mais ça dépend! Qui les donne?" -"un donateur individuel anonyme" - "ok! Bravo!"

A noter d'autres options ont été proposées aux manifestants (générateurs etc) mais ils ont souhaiter choisir l'option la plus "écologiquement responsable" :)

A noter aussi: de grosses entreprises commela multinationale Inditex (Zara) veulent aussi faire des dons. Rejet absolu de la foule!

La proposition: des ag de quartier se réuniront dans la semaine.
La prochaine ag de la Puerta del Sol aura lieu samedi prochain à 12H.
Les propositions des ag de quartiers seront discutées lors de cette ag de samedi.

Cet après-midi à 18H, l'ag de Puerta del Sol va à décider du mode de fonctionnement des ag de quartier.

espagne18h_s.jpg 18h - Commission de stratégie à long terme. Madrid Calle del Correo. A côté de la Puerta del Sol

Les travaux s'organisent en une foultitude d'assemblées de travail appelées commissions.
Il y a de tout:
-commission infrastructure
-commission de stratégie à court terme
-commission des arts
-commission cuisine
-commission sociales
-commission des assemblées de quartiers
-commission lgbt
-commission du travail
-commission féministe
-commission d'extension du mouvement
-commission environnement
etc

En ce moment je me trouve dans la commission de stratégie à long terme. Ici on parle lutte contre le capitalisme. Le capitalisme version néolibérale ou version capitalisme d'Etat. Il est proposé d'en faire l'axe central de tout le mouvement. On parle aussi, réduction des droits des multinationales, socialisation des biens communs, lutte contre les expulsions de logement, interdiction des privatisations,réquisition des logements vides, abolition de l'héritage, lutte contre la publicité, lutte contre le mercantilisme, l'autogestion dans les entreprises en faillite (en laissant la dette aux entrepreneurs)...

Une demande aux syndicats sort de la foule: "convoquez une grève générale indéfiniment reconductible!". Mais ça ne plaît pas à tout le monde: "le mouvement et la grève doit venir du peuple, des assemblées de quartiers, les syndicats ne font pas le poids!" Attention s'exclame-t-on dans la foule: "si on fait une grève générale il faut qu'il y ait un maximum de soutiens et un minimum d'espoir. On ne fait une grève générale que si on pense obtenir ce qu'on veut!" Un autre précise: "la grève générale sera notre dernier recours, le mécanisme de défense du peuple, si on n'obtient aucune des réformes qu'on demande"

Des propositions d'actions qui rappellent l'appel et la pioche sont lancées :)
"Pour lutter contre le mercantilisme allons dans les centres commerciaux, sortons les affaires des magasins et jetons-les à la vue de tous dans le centre en appelant au boycott"....

Une grande école de réappropriation citoyenne de la politique dans les rues de Madrid en somme! :)

Le message de solidarité venu de France par ma voix a été reçu avec beaucoup d'enthousiasme et d'émotion. L'annonce des rassemblements chaque fois plus importants en France a été reçue par un tonnerre d'applaudissements. Certains ici on l'impression qu'ils font trop peu. Ils sont là depuis une semaine. Ils ont "le nez dans le guidon". Savoir qu'on vient de France les soutenir et qu'en France on s'inspire d'eux leur donne du courage.

espagne19h_s.jpg 19h30 - Beaucoup de gens ici prennent la parole en public pour la première fois. Les voix tremblent mais la rage de parler est plus forte. "Moi j'ai jamais parlé comme ça, je ne connais rien à la politique, mais ce que je sais c'est que je veux que quelque chose change et que là ça a enfin l'air possible"

La jeune femme qui s'exprime nous parle de consumérisme. Elle a la rage. Son discours sera l'un des plus applaudi.
Avant elle, une jeune immigrée a pris la parole en tremblant "je ne sais pas faire ça mais je voulais dire, ne perdons pas de vue l'idée d'une grève général, c'est trop important".

Ici tout le monde peut parler, on met en confiance ceux et celles (souvent) qui n'osent pas, qui ont peur. La censure est interdite. Le respect est la règle. Les modérateur et modératrices sont élu-e-s.
Magnifique...

espagne20h_s.jpg 20h30 - La discussion sur la grève générale a tout à coup pris un cours nouveau. Une jeune femme a proposé que cette grève inclut les travaux non rémunérés, notamment les travaux domestiques que les femmes font gratuitement. Cette intervention en a surpris plus d'un et plus d'une. "On n'est pas salariées, pourquoi on nous fait travailler gratuitement! Aucune raison! Le patriarcat a assez vécu! On n'est pas des esclaves" .

Un jeune homme s'emporte en voyant certains et certaines refuser cette proposition: "je ne vois pas d'où on se permet d'exclure qui que ce soit de la grève générale", "ma mère a été une esclave, ce n'est pas parce qu'on a intégré des normes de domination millénaires qu'on doit les accepter! Il est temps de changer!"

Finalement la proposition est acceptée à l'unanimité :) "les mères dans la rue!"

espagne22h_s.jpg 22h30 - La nuit tombe sur le campement de la Puerta del Sol. Comme tous les soir depuis mardi, ça s'active de partout. Il faut nourrir tout le monde, donner à boire, monter les nouveaux stands, monter les nouvelles tentes, informer les curieux et les anxieux.

L'organisation est très impressionnante. Ici tout est gratuit: boissons, nourriture. Le repas est servi de 23H à 01H.
Tout est prévu. Il y a même une garderie pour les enfants!
La commission infrastructure. "Avis à tous les membres d'infrastructure: nous avons besoin d'ampoules, des ampoules basse consommation, ramenez tout ce que vous pouvez!"
La commission documentation s'occupe de mettre en forme les archives des assemblées et des concerts,
La commission "légale" informe les gens sur les normes à suivre et sur leurs droits en cas d'arrestation.
Le service de propreté passe en continu pour récupérer les déchets.
Incroyable... Tout un monde s'est créé sur la Puerta del Sol. Et partout en Espagne et même ailleurs, le phénomène se reproduit!

La grande nouveauté ce soir: l'annonce d'un nouveau campement à...Istambul! :)
"Le mouvement s'étend partout camarades! On peut être fiers!" annonce un jeune au micro.

Des concerts s'improvisent un peu partout. L'ambiance est festive et sans heurts. La consigne de ne pas abuser de l'alcool et surtout de ne pas provoquer de violence est suivie (la seconde consigne surtout ;). "Ça leur donnerait une excuse pour nous virer".

Ici, on parle peu des résultats des élections régionales et municipales qui arrivent peu à peu.

Une chose est sûre à cette heure: le PP (la droite) a la majorité absolue dans un grand nombre de régions. Le PSOE (le PS espagnol) baisse fortement. Izquierda Unida est la seule force à augmenter à gauche. "Nous sommes la gauche qui monte" a déclaré ce soir Ramon Luque, coordinateur électoral d'Izquierda Unida.

Les résultats ne sont pas encore tous arrivés. A plus tard donc pour d'autres nouvelles ;)

"

dimanche, mai 22 2011

[Point de vue] Manifeste ¡ Democracia real ya ! (Une vraie démocratie maintenant !)

Trouvé sur OWNI ici :

Voici une traduction en français, par le collectif lyonnais Rebellyon, du manifeste du mouvement ¡Democracia Real Ya! A l’initiative de plusieurs organisations sociales, d’associations citoyennes, des manifestations étaient organisées la journée 15 mai dernier sur les places des principales villes espagnoles pour protester contre les méthodes de gestion de la crise du gouvernement Zapatero.

MANIFESTE

“DEMOCRACIA REAL YA ! NO SOMOS MERCANCIA EN LAS MANOS DE LOS POLITICOS Y DE LOS BANQUEROS”
Une vraie démocratie maintenant ! Nous ne sommes pas une marchandise entre les mains des politiques et des banquiers

Nous sommes des per­son­nes ordi­nai­res. Nous sommes comme toi : des gens qui se lèvent tous les matins pour étudier, pour tra­vailler ou pour cher­cher un boulot, des gens qui ont une famille et des amis. Des gens qui tra­vaillent dur tous les jours pour vivre et donner un futur meilleur à celles et ceux qui les entou­rent.

Parmi nous, cer­tain-e-s se consi­dè­rent plus pro­gres­sis­tes, d’autres plus conser­va­teurs. Quelques un-e-s croyants, d’autres pas du tout. Quelques un-e-s ont des idéo­lo­gies très défi­nies, d’autres se consi­dè­rent apo­li­ti­ques. Mais nous sommes tous très préoc­cupé-e-s et indi­gné-es par la situa­tion poli­ti­que, économique et sociale autour de nous. Par la cor­rup­tion des poli­ti­ciens, entre­pre­neurs, ban­quiers… Par le manque de défense des hommes et femmes de la rue.

Cette situa­tion nous fait du mal quo­ti­dien­ne­ment ; mais, tous ensem­ble, nous pou­vons la ren­ver­ser. Le moment est venu de nous mettre au tra­vail, le moment de bâtir entre nous tous une société meilleure.

Dans ce but, nous sou­te­nons fer­me­ment les affir­ma­tions sui­van­tes :

L’égalité, le progrès, la solidarité, le libre accès à la culture, le développement écologique durable, le bien-être et le bonheur des personnes doivent être les priorités de chaque société avancée.

Des droits basiques doivent être garantis au sein de ces sociétés : le droit au logement, au travail, à la culture, à la santé, à l’éducation, à la participation, au libre développement personnel et le droit à la consommation des biens nécessaires pour une vie saine et heureuse.

Le fonctionnement actuel de notre système politique et gouvernemental ne répond pas à ces priorités et il devient un obstacle au progrès de l’humanité.

La démocratie part du peuple (demos = peuple et cracia = gouvernement), par conséquent le gouvernement doit être le peuple. Cependant, dans ce pays, la majorité de la classe politique ne nous écoute même pas. Ses fonctions devraient être de porter nos voix jusqu’aux institutions, en facilitant la participation politique des citoyens grâce à des voies de démocratie directe et aussi, de procurer le plus de bienfaits possibles à la majorité de la société. Et non pas, celles de s’enrichir et de prospérer à nos dépens, en suivant les ordres des pouvoirs économiques et en s’accrochant au pouvoir grâce à une dictature partitocratique menée par les sigles inamovibles du PPSOE (Contraction de PP et PSOE : le PP, Partido Popular est le principal parti de droite, le PSOE est le principal parti de gauche) .

La soif de pouvoir et son accumulation entre les mains de quelques-uns créent inégalités, crispations et injustices, ce qui mène à la violence, que nous refusons. Le modèle économique en vigueur, obsolète et antinaturel, coince le système social dans une spirale, qui se consomme par elle-même, enrichissant une minorité -le reste tombant dans la pauvreté. Jusqu’au malaise.

La volonté et le but du système sont l’accumulation d’argent, tout en la plaçant au-dessus de l’efficience et le bien-être de la société ; gaspillant nos ressources, détruisant la planète, générant du chômage et des consommateurs malheureux.

Nous, citoyens, faisons partie de l’engrenage d’une machine destinée à enrichir cette minorité qui ne connait même pas nos besoins. Nous sommes anonymes, mais, sans nous, rien de cela n’existerait, car nous faisons bouger le monde.

Si, en tant que société nous apprenons à ne pas confier notre avenir à une rentabilité économique abstraite qui ne tourne jamais à notre avantage, nous pourrons éliminer les abus et les carences que nous subissons tous.

Nous avons besoin d’une révolution éthique. On a placé l’argent au-dessus de l’Être Humain, alors qu’il faut le mettre à notre service. Nous sommes des personnes, pas des produits du marché. Je ne suis pas que ce que j’achète, pourquoi je l’achète ou à qui je l’achète. A la vue de cela, je suis indi­gné/e.

Je crois que je peux chan­ger les choses.

Je crois que je peux aider.

Je sais que, tous ensem­ble, nous le pouvons.

Sors avec nous. C’est ton droit.


*******

Publié initialement sur le site de Democracia Real Ya

Traduit par le collectif Rebellyon.info

Traduction additionnelle : Ophelia Noor

[Article] Témoignages et récits de l’Espagne, par Federico (Barcelone) et Paolo (Grenade)

Trouvés sur le blog Le réveil :

Esta es democrazia !

Il n’est pas facile de raconter ce qui se passe aujourd’hui en Espagne. Beaucoup de choses différentes sont en train de se rejoindre, de nombreuses réalités et de nombreuses formes d’indignation, ainsi que beaucoup de rage.

Dans plusieurs villes d’Espagne, les gens occupent naturellement les rues, jour et nuit, en faisant des camps, des repas sociaux et surtout de grandes assemblées publiques.

Il n’y a pas de coordination nationale, ni de structure ou de plate-forme commune, bien que Madrid reste le centre de référence et que la forme et les contenus des manifestations soient les mêmes dans toutes les villes.

Tout a commencé par une manifestation spontanée diffusée par les social network. La manifestation organisée par « democraciarealya », qui propose un ensemble de droits minimaux, est fixée pour le 15 mai, exactement une semaine avant les élections municipales. Elle se nomme « Toma la Calle ! No somos mercancìa en manos de políticos y banqueros » (Prends la rue ! Nous ne sommes pas de la marchandise en main aux politiques et aux banquiers).

L’objectif est ample dès le premier moment, ce n’est pas Zapatero, ni le PP, mais l’ensemble du système qui ne fonctionne pas, victime du marché : ils chantent « los mercados yo no le ho votado » (moi les marchés je ne les ai pas voté).

Un autre ennemi est le bipartisme, le système politique étouffant qui ne représente pas les besoins de la population. Dans la ville de Madrid, une grande partie de Juventud Sin Futuro est présente, un mouvement qui le 7 avril avait rassemblé dans les rues la rage des générations précaires.

À la fin de la manifestation du 15 mai à Madrid, les personnes qui décident de rester sur les lieux sont pourchassées par la police. Le fait déclenche des réactions dans toute l’Espagne et en deux jours de nombreuses villes commencent à mettre en pratique des camps provisoires au centre des places : Madrid, Barcelone, Bilbao, Grenade, Saragosse, Valence, Malaga ...

Dans toutes ces villes se créent des assemblées et des organismes autogérés de résistance qui transcendent la plateforme initiale : comme plusieurs feux nés d’une même étincelle.

L’objectif déclaré est d’atteindre le 22 mai, jour des élections municipales.

Le mouvement espagnol se définit partout comme étant asyndical et apartitique, par conséquent les drapeaux ou les symboles sont interdits durant les manifestations (c’est presque incroyable de ne voir même pas un drapeau catalan à Plaza de Catalunya bondée). Une des chansons qui revient sans cesse dans les places est « El pueblo unido funciona sin partido » (Le peuple unit fonctionne sans parti) .

Ce rejet de la politique institutionnelle n’est pas seulement une réaction négatif, mais aussi une charge totalement positive : le mouvement a l’assemblée publique comme seul espace de décision. Durant les assemblées, on chante « Esta es democracia »

C’est incroyable de constater qu’on n’entend jamais parler de partis politiques, de Zapatero et du PP. L’ennemi est le système, le capitalisme, la consommation indiscriminée. Les partis ne sont pas pris en compte, et leurs déclarations ne sont pas commentées. Ils sont, de fait, complètement délégitimés.

La situation politique

En Espagne, le chômage des jeunes est encore plus lourd qu’en Italie (on parle de 40-45% de jeunes qui reçoivent le paro, l’équivalent de l’allocation chômage). Après le boom économique immobilier de ces dernières années, les dettes pèsent considérablement et Zapatero a adopté une politique d’austérité face à la crise, caractérisée par de grands financements aux banques et des coupes vertigineuses du système public.

En outre, dans tout le pays, il existe des ordonnances interdisant les formes de vie sociale, y compris les rassemblements dans les places. Dans ce sens, les pratiques exprimées sont encore plus radicales, puisqu’elles brises explicitement les interdictions de ces ordonnances.

Dans les Universités vient d’arriver le Plan Bolonia, avec modification des parcours d’études et hausse des impôts. Il est inutile de souligner que le processus de Bologne accentue cette situation de précarité. Se crée donc la génération « Nini » : Ni trabajo, Ni estudio (Ni travail Ni étude). Ceux qui terminent leurs études ne savent pas quoi faire de leur vie.

La recherche souffre des coupes et les chercheurs sont obligés de survivre en allant de « beca » en « beca » (la beca est la bourse d’étude). Certaines personnes ayant dépassé la quarantaine vivent encore de bourses.

L’Europe

Les caractéristiques communes avec l’Europe sont nombreuses, en commençant par la crise et les mesures d’austérité. Mais il est encore plus intéressant d’analyser les particularités de ces résistances. Par qui sont composés ces mouvements espagnols ? Difficile à dire, car chaque ville s’organise autour de son assemblée indépendante et souveraine, qui à son tour est composée de différentes réalités. Nous devons reconnaître la primauté de la ville de Madrid qui déploie les Book Block déjà utilisés à Londres et à Rome, bien que la forme du camp rappelle d’autres luttes. Tout d’abord les révoltes du Caire, même si en parlant avec les gens, il semblerait que les suggestions les plus fortes viennent non seulement du Maghreb, mais aussi de l’Islande. Connectez ces révoltes est un enjeu qui commence à se faire entendre !

Cependant, le caractère urbain de ces manifestations espagnoles doit être souligné. Ces luttes sont enracinées dans la ville, et ce n’est pas un hasard si elles décident d’en occuper les points cardinaux. En Italie, on utilise des formes telles que « Riprendiamoci le città » : c’est exactement ce qui se passe en Espagne. Les pratiques en acte sont pour ainsi dire pleinement européennes.

Les assemblées

C’est peut-être le point le plus intéressant. Comment s’organise cette énorme masse de différences ? Il est clair que les réseaux sociaux ont une importance fondamentale. Twitter fonctionne pour mettre à jour, confirmer ou réfuter les infos données par la presse ; Facebook est principalement utilisé pour la circulation de matériaux divers et la promotion d’événements.

Les blogs, comme celui créé par les manifestants de Barcelone (http://acampadabcn.wordpress.com/category/info-general/), donnent la possibilité de commenter toutes les décisions prises de jour en jour.

Cependant, les assemblées restent la réelle spécificité de ce mouvement : car il ne s’agit pas seulement d’étudiants, ni seulement de travailleurs. C’est la ville entière qui parle.

Les jeunes sont certainement en majorité, cependant, ils se sont ramifiés, ils ont étendu leurs activités ; les comités de citoyens s’unissent aux groupes étudiants et aux personnes au « paro ».

À Barcelone, des milliers de personnes se rassemblent chaque soir une heure ou deux pour chanter et crier leur indignation collective, avant que les porte-parole des comités de travail, qui s’étaient réunis l’après-midi, ne s’expriment durant l’assemblée plénière face à une masse vaste et silencieuse.

Les assemblées sont très techniques, l’argument principal est « comment s’organiser », mais chaque ville a ses particularités.

Granada est un cas singulier. Des « dispositions pour la gestion des assemblées » ont été formulées. Dans ces accords, il y a les « minimos », c’est-à-dire les principes minimaux que chacun doit respecter. Le plus important est que le seul lieu de décision est l’assemblée.

Pour travailler sur ces points minimaux, ils identifient les mécanismes, la forme de l’assemblée. Tout d’abord, la présence d’un modérateur qui dicte l’ordre du jour, donne les tours de parole, les clôt. Il invite les intervenants à ne pas se répéter, il demande si la personne concernée a d’autres questions, et dans le cas contraire l’invite à retourner s’asseoir.

On n’applaudit jamais, mais on fait une sorte d’applaudissement silencieux. Ceci implique qu’il y ait très peu de discours instigateurs. La participation de la population est très élevée. Et le droit de parole est toujours respecté, même lorsque la situation est très tendue.

À la fin d’un tour de parole, les gens sont invités à voter. Le vote n’est pas une question mécanique, il n’y a pas de majorité numérique ni le risque d’approbation avec un écart de deux voies. Le vote est le témoignage d’un consensus collectif, même si la situation est proche de la parité, on continue à discuter.

Dès les premiers jours, des groupes de travail qui s’occupaient de « radiodiffusion », « sécurité » et « presse » se sont constitués. Aujourd’hui, à Grenade un groupe de « propositions » s’est ajouté ; tout le monde (2000-3000 personnes) a reçu des feuillets pour rédiger des propositions pratiques. Six groupes de bénévoles se sont créés, une douzaine de personnes par groupe, afin de classer ces propositions, de les rassembler et de les donner à l’Assemblée le lendemain pour en discuter. La seule interdiction est que les propositions ne soient pas contraires aux « minimos ».

Il s’agit d’une étape importante. Le mouvement commence à se distinguer par des demandes spécifiques, qui sont construites dans un processus pleinement participatif.

On entend parler de développement durable, de lutte contre la précarité, de lutte contre la corruption, de sensibilisation des consommateurs. Il n’y a pas une seule ligne de pensée, mais la primauté de certains sujets nécessaires au changement du système. Cela pourrait être un tournant, le moment où l’on commence à construire et non seulement à refuser.

Un facteur commun aux assemblées et aux groupes est à souligner : le soin envers les choses et les personnes. Une grande sensibilité pour l’environnement (les assiettes en plastique sont réutilisées par des milliers de personnes), le nettoyage est organisé collectivement. On perçoit que le monde peut changer, mais que pour que le monde change il faut mettre en pratique le changement. Le concept « Esta es Democracia » est affronté jusqu’au fond.

Tout est mis en œuvre pour que la participation soit collective. Le vote et les interventions sont deux formes de participation, et les règles de conduite sont claires pour tous.

Des tracts avec les droits fondamentaux de chacun en cas d’arrestation sont fournis, et plusieurs pancartes expliquent ce qu’il faut faire en cas d’évacuation. Ces modes de comportement, proposés en un premier temps, ont été discutés et votés. C’est clair que le thème le plus chaud est la relation avec la police.

Relations avec la police

Le mouvement est pacifiste. Ce qui ne l’empêche pas d’être radical. L’objectif principal reste toujours celui de changer le système, créer un monde qui considère les personnes en tant que telles et non une valeur d’échange ou de sommaires consommateurs. Nous avons dit que l’ennemi n’est pas le PSOE ou le PP, par conséquent l’ennemi n’est pas la police. Les policiers ne sont que des travailleurs qui obéissent aux ordres.

Ceci ne signifie pas qu’il faut subir. Bien au contraire, les numéros d’immatriculation des policiers qui côtoient les places sont enregistrés, tout abus ou violence est automatiquement dénoncé. Les gens savent quelle attitude adopter. En cas d’hostilité, la police est ignorée. Les droits en cas d’arrestation sont rappelés en permanence, ainsi que les numéros de téléphone de nombreux avocats. La forme est celle de la résistance passive. Les épisodes de tension n’ont pas modifié le comportement des gens.

La police n’est pas un problème, chaque fois qu’il y a une provocation ou une menace, on trouve un moyen de résoudre la situation qui ne soit pas frontale. Les objectifs demeurent : a) occuper la place le plus de temps possible et b) la lutte contre le système.

Le radicalité du mouvement réside dans son obstination. Après une première évacuation, on retourne toujours au même endroit (c’est arrivé à Granada, Madrid et Barcelone). En considérant les mouvements politiques à l’heure actuelle, ainsi que leur diffusion, une intervention policière rendrait les manifestations encore plus fortes. En ce moment même, le mouvement est soutenu par toute la société dans son ensemble ; les interventions de la police seraient donc tout à fait arbitraires et ne cesseraient de renforcer l’indignation commune.

Vamos Arriba este es un atraco

C’est curieux de lire et écouter, de l’Espagne, les témoignages recueillis ces derniers jours à Tunis.

Il semble que les centaines de milliers de personnes qui sont descendues dans les rues et qui campent dans les places publiques de tout le pays, après les manifestations du 15 mai, fassent partie de cette même vague qui s’est soulevée au Maghreb récemment, et qui a traversé aussi bien Londres, Rome, que le reste d’Europe.

Ce sont ces mêmes jeunes sans avenir, une génération précaire et hautement qualifié, qui traînent cette nouvelle révolte massive, en réclamant démocratie, liberté et dignité.

C’est avant tout une révolte contre l’existant, contre un présent figé entre précarité et chômage, contre l’austérité de l’argent aux banques et des coupes au service public (par ordre chronologique, la dernière à être touchée est la santé). Une révolte contre la politique libérale de gestion de la crise du gouvernement "socialiste" de Zapatero, contre les banques et le système financier, contre ceux qui se sont enrichis de la pauvreté des autres.

Une révolte contre et au-delà des partis politiques et des syndicats, considérés complices des pouvoirs économiques, bref, contre et au de là d’une gouvernance défaillante et incapable, non seulement de représenter, mais aussi d’interpréter et communiquer avec la place publique.

Ce n’est pas un hasard que les rassemblements spontanés, nés dans une dizaine de villes espagnoles, aient paralysé médiatiquement et politiquement la campagne électorale des élections administratives de dimanche prochain. Le Parti populaire s’agite contre le gouvernement et appelle à l’ordre public, le PSOE a mis en scène une maladroite et paternaliste tentative de dialogue (bien qu’il soit violemment attaqué par la protestation), et tous s’interrogent avec anxiété en essayant de quantifier les voix perdues. Essentiellement, ils ne sont pas en mesure de répondre et d’interagir au niveau du discours imposé.

La décision récente d’interdire toute manifestation durant la période électorale (samedi et dimanche) résume toute la difficulté des institutions à répondre, ainsi que l’intelligence et la force du mouvement.

La non-violence déclarée dès le départ s’est traduite en une résistance radicale passive et dans l’occupation obstinée de tous les lieux centraux et symboliques de la ville, en termes de circulation, commerce et tourisme. Un mécanisme qui s’est déclaré s’être inspiré de la Révolution Égyptienne, qui communique en permanence sur le web et qui attire le consensus de larges segments de la population. À l’heure actuelle, l’utilisation de la force par les institutions locales pourrait obtenir un résultat contraire à celui recherché.

En réalité, ce qui peut arriver dépend avant tout de la capacité de ce mouvement à traduire l’indignation en revendications concrètes, plutôt qu’en prétentions justicialistes de moralisation ou perfectionnement de la classe politique.

Tout dépend de la façon dont le système auto-organisé, minutieusement calibré dans chaque ville (commissions opérationnelles, organes de débat et discussion, assemblées plénières), commencera a fonctionner non seulement par des déclarations de principe, mais dans la perspective de lutter pour le welfare. Il faut espérer que les différents rassemblements de chaque ville, indépendants mais interactifs, ne s’isolent pas, mais interagissent avec les autres villes. Et pourquoi pas, avec le reste de l’Europe.

Source : email. Traduction : une camarade. le 22 mai 2011, par Federico & Paolo

mercredi, mai 18 2011

[Docu] Videocracy, Basta Apparire

videocracy.jpgVideocracy, titre original Basta Apparire, est un film documentaire réalisé par Erik Gandini, sorti en 2009 et qui est censuré par les télévisions italiennes. En effet, ce film documentaire d’Erik Gandini, metteur en scène suédois, élevé en Italie, dénonce l’empire médiatique de Silvio Berlusconi. De ce fait, ni les 3 chaînes nationales de la Rai, ni le groupe Mediaset (propriété de Berlusconi) n’ont accepté de diffuser la bande annonce à quelques jours de sa présentation au Festival de Venise, le targuant de message politique contre le gouvernement en place. En Italie, un seul et unique homme domine l’image depuis des décennies. En tant que magnat de la télévision, puis en tant que Président du Conseil, Silvio Berlusconi a su créer un parfait système de divertissement télévisuel et politique. Il a su influencer, comme personne d’autre auparavant, le contenu des publicités TV en Italie. Ses chaînes sont connues pour leur surexposition de femmes nues, elles sont vues par beaucoup comme le miroir de son propre goût et de sa personnalité.

Il manque la 2e partie que je ne trouve pas... En entier ici sinon.

vendredi, mai 13 2011

[Docu] Solutions locales pour un désordre global

Documentaire de Coline Serreau.

« Les films d'alertes et catastrophistes ont été tournés, ils ont eu leur utilité, mais maintenant il faut montrer qu'il existe des solutions, faire entendre les réflexions des paysans, des philosophes et économistes qui, tout en expliquant pourquoi notre modèle de société s'est embourbé dans la crise écologique, financière et politique que nous connaissons, inventent et expérimentent des alternatives. » Coline Serreau

Dépassant la simple dénonciation d'un système agricole perverti par une volonté de croissance irraisonnée, Coline Serreau nous invite dans « Solutions locales pour un désordre global » à découvrir de nouveaux systèmes de production agricole, des pratiques qui fonctionnent, réparent les dégâts et proposent une vie et une santé améliorées en garantissant une sécurité alimentaire pérenne.

Caméra au poing, Coline Serreau a parcouru le monde pendant près de trois ans à la rencontre de femmes et d'hommes de terrain, penseurs et économistes, qui expérimentent localement, avec succès, des solutions pour panser les plaies d'une terre trop longtemps maltraitée.

Pierre Rabhi, Claude et Lydia Bourguignon, les paysans sans terre du Brésil, Kokopelli en Inde, M. Antoniets en Ukraine... tour à tour drôles et émouvants, combatifs et inspirés, ils sont ces résistants, ces amoureux de la terre, dont le documentaire de Coline Serreau porte la voix.

Cette série d'entretiens d'une incroyable concordance prouve un autre possible : une réponse concrète aux défis écologiques et plus largement à la crise de civilisation que nous traversons.

Site officiel du film : http://www.solutionslocales-lefilm.com/

http://www.dailymotion.com/video/xf57x2_solutions-locales-pour-un-desordre_webcam

http://www.dailymotion.com/video/xf57o7_solutions-locales-pour-un-desordre_webcam

http://www.youtube.com/watch?v=v30S39F8pYY

http://www.dailymotion.com/video/xf5pcu_solutions-locales-pour-un-desordre_webcam

http://www.dailymotion.com/video/xf5764_solutions-locales-pour-un-desordre_webcam

http://www.dailymotion.com/video/xf570b_solutions-locales-pour-un-desordre_webcam

http://www.dailymotion.com/video/xf56sc_solutions-locales-pour-un-desordre_webcam

dimanche, avril 24 2011

[Point de vue] LQR la propagande du quotidien

Entretien lors d'une émission "Là-bas si j'y suis" animée par Daniel Mermet, avec Eric Hazan, éditeur et écrivain, autour de son livre « LQR la propagande du quotidien » publié en 2006 aux éditions Raisons d’agir, .

Il s'agit de la « LQR » comme « Lingua Quintae Respublicae », cette langue qui chaque jour efface les résistances, les différences, les opinions et travaille à la domestication des esprits, à la fabrication du consentement.

Eric Hazan, qui dirige La Fabrique éditions, ouvre les entrailles de cette machine et nous aide à éveiller notre conscience pour "re faire mouvement", faire surgir du "dissensus".

http://www.dailymotion.com/video/xf3rs0_lqr-la-propagande-du-quotidien-1-su_news

http://www.dailymotion.com/video/xf3m7h_lqr-la-propagande-du-quotidien-2-su_news

http://www.dailymotion.com/video/xf3ltv_lqr-la-propagande-du-quotidien-3-su_news

http://www.dailymotion.com/video/xf3kwr_lqr-la-propagande-du-quotidien-4-su_news

lqr.jpgDe modernité à gouvernance en passant par transparence, réforme, crise, croissance ou diversité : la Lingua Quintae Respublicae travaille chaque jour dans les journaux, les supermarchés, les transports en commun, les « 20 heures » des grandes chaînes, à la domestication des esprits. Comme par imprégnation lente, la langue du néolibéralisme s’installe : plus elle est parlée, et plus ce qu’elle promeut se produit dans la réalité. Créée et diffusée par les publicitaires et les économistes, reprise par les politiciens, la LQR est devenue l’une des armes les plus efficaces du maintien de l’ordre.

Le livre d'Eric Hazan décode les tours et les détours de cette langue omniprésente, décrypte ses euphémismes, ses façons d’essorer les mots jusqu’à ce qu’ils en perdent leur sens, son exploitation des « valeurs universelles » et de la « lutte antiterroriste ».

Désormais, il n’y a plus de pauvres mais des gens de condition modeste, plus d’exploités mais des exclus, plus de classes mais des couches sociales. C’est ainsi que la LQR substitue aux mots de l’émancipation et de la subversion ceux de la conformité et de la soumission.

mercredi, avril 20 2011

[Média] L'Envolée, journal critique du système carcéral et judiciaire, et du monde qui le génère

envolee.jpg

l__envolee.jpg"L’ Envolée est un journal critique du système carcéral et judiciaire, et du monde qui le génère. Ce n’est pas le premier, ni le seul ; il s’inscrit dans l’histoire de la critique sociale abordée sous l’angle du châtiment, de la discipline, de la prison.

Les textes publiés viennent à la fois de l’intérieur et de l’extérieur de la détention. S’attaquer à l’enfermement, c’est forcément s’en prendre aussi à tout ce qui fabrique, réforme, perfectionne le contrôle social hors des murs des prisons : le formatage des « citoyens » dès le plus jeune âge, le salariat précarisé ou à perpète, l’urbanisme qui flique les villes et quadrille les espaces sont bien le pendant de la construction des prisons. L’enfermement carcéral joue un rôle social de repoussoir ; il produit une peur nécessaire au maintien de cette société. En ce sens, c’est bien plus qu’une simple répression, qu’un moment de contrôle, de sanction des actes « délictueux » ; c’est un ciment nécessaire à l’État pour permettre au capitalisme de continuer à se développer dans ses nouvelles formes.

Ce journal participe d’une réflexion, d’une dynamique qui transforment les mots en luttes. Il est essentiel de publier des récits et des témoignages de l’intérieur, in extenso ou par extraits, pour mettre concrètement en relation les questions du sécuritaire, de l’enfermement, du droit, du système pénal avec les autres luttes sociales.

Un des problèmes actuels n’est pas tant l’absence de débat au sujet de l’« horreur carcérale » que les points de vue d’humanistes et de sociologues qui défendent l’idée d’un enfermement à visage humain. Nous ne sommes pas les porte-parole de ceux que la prison relègue au rang de muets sociaux : les prisonniers écrivent, réfléchissent, résistent... Nous ne voulons pas penser et nous battre à leur place mais avec eux. Nous ne sommes pas subventionnés et nous ne recevons d’argent d’aucune organisation pour garder notre autonomie. Nous fabriquons nous-mêmes nos outils, et nous recevons parfois l’aide d’amis et de personnes qui disposent de matériel. Nous sommes à la recherche de ceux qui auraient envie de participer à cet effort pour nous permettre de continuer à exister par leurs contributions. Au-delà de la fabrication, la distribution du journal reste difficile, coincée entre la censure acharnée de l’administration pénitentiaire et les contraintes marchandes du réseau officiel de la presse. Un journal est fait pour être lu ; la diffusion de l’Envolée reste déterminante pour notre activité : constituer un outil de réflexion et de résistance contre cette société qui génère de plus en plus de contrôle et d’enfermement."

http://lejournalenvolee.free.fr/

samedi, avril 16 2011

[Docu] The corporation

The corporation, Jennifer Abbott et Mark Achbar, sous titré français.

L'entreprise a, légalement, les mêmes droits qu'un individu. Ce documentaire montre que le comportement de l'entreprise correspond en tous points à celui d'un psychopathe : égoïste, menteur, se moquant totalement du bien-être et du respect d'autrui...

Lien de téléchargement direct

the_corporation.jpg

mardi, avril 12 2011

[Livre] L'insurrection qui vient

L'insurrection qui vientPetit ouvrage d'une centaine de pages, L'insurrection qui vient, est une oeuvre collective du comité invisible, parue aux éditions La Fabrique :

"Rien ne manque au triomphe de la civilisation.

Ni la terreur politique ni la misère affective.

Ni la stérilité universelle.

Le désert ne peut plus croître : il est partout.

Mais il peut encore s'approfondir.

Devant l'évidence de la catastrophe, il y a ceux qui s'indignent et ceux qui prennent acte, ceux qui dénoncent et ceux qui s'organisent.

Le comité invisible est du côté de ceux qui s'organisent." (4e de couverture)

Version du livre pour lire en e-book

Version du livre pour imprimer

Dans la présentation faite par La Fabrique Editions, vous trouverez plus de détails sur le contenu de ce livre.

- page 1 de 2