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Tag - économie

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mercredi, novembre 19 2014

[conf gesticulée] Le salaire à vie, ou l'impensé inouï de la protection sociale

Conférence gesticulée collective de Réseau Salariat et du Réseau Grenaille, au Grand Parquet (Paris) le 2 juin 2014.

Avec la participation de Bernard Friot.

Accompagnement Franck Lepage et la coopérative d'éducation populaire du vent debout (Toulouse).

http://www.reseau-salariat.info/db46c3e55dd025f7d24d96f69873671e?lang=fr

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dimanche, février 19 2012

[Livre] Allocation universelle, la thèse de Marc de Basquiat

Voici le condensé de la thèse de Marc de Basquiat, économiste, qu'il a soutenue en novembre 2011, étudiant plus particulièrement son applicabilité à la France des années 2010, disponible sur son site http://allocationuniverselle.com/ ou directement au lien ci dessous :

télécharger la thèse-->Rationalisation d'un système redistributif complexe : une modélisation de l'allocation universelle en France

Pour en savoir plus sur le principe et le débat qui entoure l'idée de revenu universel :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Allocation_universelle

Ma page consacrée au sujet, mise à jour.

place-du-DroitRevenu.jpg

En bref, le principe tel que présenté sur le site Wikipedia:

"L'allocation universelle est un revenu de base versé à tous, sans aucune obligation d'activité, et d'un montant permettant d'exister et de participer à la vie de la société. Tous les autres revenus individuels (en grande majorité les revenus du travail) se rajoutent à ce revenu minimal.

Ce revenu serait :

  • inaliénable et inconditionné (contrairement au workfare conditionnant l'allocation à la recherche d'un emploi)
  • cumulable avec des revenus issus du travail ;
  • versé aux personnes et non au ménage, ce qui favoriserait l'autonomie de l'élément le plus faible dans le ménage, contrairement aux minima sociaux.

Sous cette forme l'allocation universelle s'inspire du dividende monétaire autrement nommé dividende social ou crédit social qui sont des mécanismes de création monétaire démocratiquement distribuée basés sur une mesure de la croissance des biens et des services, dont la contre-partie monétaire est créée et distribuée à tous les citoyens de la zone monétaire concernée."


« La distribution des moyens de paiement devra correspondre au volume de richesses socialement produites et non au volume du travail fourni. » Karl Marx, 1857, Grundrisse.

lundi, février 13 2012

Lordon et le capitalisme waoow

Ou : le néo-libéralisme expliqué par l'angle alpha(1)

(1)angle alpha = angle qui sépare le désir du salarié du désir de son patron

Voici une émission d@ns le texte très intéressante sur les concepts développés par Frédéric Lordon, dans son livre Capitalisme, désir et servitude - Marx et Spinoza (éditions La Fabrique, 2010), ouvrage qui n'est initialement pas destiné à tout public mais s'adresse originellement à des universitaires. Judith Bernard ne le sachant pas l'a lu, et s'en est apparemment régalé. D'où cette émission qui a le mérite de résumer les idées en question.

Petite présentation du livre :


"Comment un certain désir s'y prend-il pour impliquer des puissances tierces dans ses entreprises ? C'est le problème de ce qu'on appellera en toute généralité le patronat, conçu comme un rapport social d'enrôlement. Marx a presque tout dit des structures sociales de la forme capitaliste du patronat et de l'enrôlement salarial. Moins de la diversité des régimes d'affects qui pouvaient s'y couler. Car le capital a fait du chemin depuis les affects tristes de la coercition brute. Et le voilà maintenant qui voudrait des salariés contents, c'est-à-dire qui désireraient conformément à son désir à lui. Pour mieux convertir en travail la force de travail il s'en prend donc désormais aux désirs et aux affects. L'enrôlement des puissances salariales entre dans un nouveau régime et le capitalisme expérimente un nouvel art de faire marcher les salariés. Compléter le structuralisme marxien des rapports par une anthropologie spinoziste de la puissance et des passions offre alors l'occasion de reprendre à nouveaux frais les notions d'aliénation, d'exploitation et de domination que le capitalisme voudrait dissoudre dans les consentements du salariat joyeux. Et peut-être de prendre une autre perspective sur la possibilité de son dépassement."

Frédéric Lordon est un économiste français, directeur de recherche au CNRS et chercheur au Centre de sociologie européenne (CSE). Il est membre de l'association les économistes atterrés. Et collaborateur régulier du journal le Monde diplomatique.
Son site internet : http://www.fredericlordon.fr/




L'émission est proposée par Daniel Schneidermann, animée par Judith Bernard et réalisée par François Rose.
Durée : 1h30.

"Lordon passe par Spinoza, pour tenter de comprendre comment le capitalisme nous aliène, un capitalisme nouveau, à grands coups d'affects positifs et joyeux, à grandes injections de "fun" et de "waoow", (vous ne connaissez pas le capitalisme "waoow" ? Dans l'émission, Lordon évoque un article de The Economist, qui est ici)."

http://www.arretsurimages.net/

lundi, janvier 23 2012

[Docu] L'encerclement - La démocratie dans les rets du néolibéralisme

encerclement.gif

L'Encerclement - La démocratie dans les rets du néolibéralisme est un excellent film documentaire québécois réalisé par Richard Brouillette, sorti en 2008 aux 11e Rencontres internationales du documentaire de Montréal.

Durée : 160 minutes - sorti le 31 mars 2010 en France.

Attention, je vous préviens, il fait froid dans le dos!

A travers les réflexions et les analyses de plusieurs intellectuels de renom (la liste des intervenants ici), ce documentaire trace un portrait de l'idéologie néolibérale et examine les différents mécanismes mis à l'œuvre pour en imposer mondialement les diktats...

Structure du film :

L'encerclement est constitué de dix chapitres et se divise en deux grandes parties.

Première partie : portrait général de l'idéologie néolibérale

Chapitre 1 : Introduction
Chapitre 2 : Origines
Chapitre 3 : Au coeur du réseau néolibéral, les think-tanks
Chapitre 4 : Petit florilège libéral -- Libertarianisme et théorie des choix publics
Chapitre 5 : Critiques

Seconde partie : l'encerclement de la pensée et de la démocratie par le néolibéralisme

Chapitre 6 : Propagande et endoctrinement -- l'éducation
Chapitre 7 : Propagande et endoctrinement -- les médias
Chapitre 8 : Néolibéralisme ou néocolonialisme -- la force d'imposition des marchés financiers
Chapitre 9 : Néolibéralisme ou néocolonialisme -- la force d'imposition des institutions de Bretton Woods ou le consensus de Washington
Chapitre 10 : Néolibéralisme ou néocolonialisme -- la force d'imposition de l'humanisme militaire ou « la guerre c'est la paix »

Site officiel du film : http://encerclement.info/

Plus de détails sur la page Wikipedia consacrée au film.

mardi, juin 21 2011

[Point de vue] André Gorz, un penseur pour le XXIe siècle

Dans l'émission Là-bas si j'y suis de Daniel Mermet sur France Inter :
Un entretien avec Christophe Fourel, autour d’extraits d’interviews d’André Gorz diffusées dans "A voix nue", sur France culture, entre le 3 et le 8 mars 1991 :
première partie - 9 juin 2011
deuxième partie - 10 juin 2011 .

Ainsi qu'une interview datant de septembre 1990 réalisée par Marian Handwerker en deux parties :

A lire aussi cet article sur Actuchomage.org .

Le temps libéré est une richesse qui a une valeur existentielle...

vendredi, juin 17 2011

[Conf] Bernard Friot sur l'enjeu des retraites

Le mardi 1er juin 2010, l'économiste et sociologue Bernard Friot, auteur de L'enjeu des retraites (Ed. La Dispute, 2010), était invité par l'association "Perspectives communistes" de Montreuil. La Télé de Gauche est venue filmer cette conférence et la restitue en onze chapitres qui suivent les raisonnements et positions de Friot sur la question de la retraite et de la relation au travail dans nos sociétés.



Bernard Friot s'est exprimé dans la célèbre émission de radio militante de Daniel Mermet, Là-bas si j'y suis. A écouter ici (vous pouvez la télécharger ou écouter en ligne).

mercredi, juin 8 2011

[Article] Marinaleda : un modèle d’auto-gestion unique en Europe

Article datant d'avril 2010 par Andrea Duffour trouvé ici.

" marinaleda.jpgDepuis l’alerte google Alternatives au capitalisme j’ai récemment découvert l’existence de MARINALEDA, une commune de 2645 habitants en Andalousie « où Marx vivrait s’il était encore en vie, avec zéro chômage, zéro policier et des habitations à 15 euros par mois » (1). Une alternative au capitalisme réalisée à moins de 2000 km de chez nous et qui fonctionne depuis plus de 30 ans sans que je n’en aie jamais entendu parler ? A la première occasion, c’est donc sac à dos, train, bus et autostop que j’irai pour vérifier si cette belle utopie existe vraiment…

Comme c’est Pâques, je tombe en pleine Semana Santa. Au village voisin on m’avertit : « Leur maire est un fou, quand nous autres, Espagnols, faisons des processions religieuses, eux ils font la fête pendant 5 jours »

J’apprends que la fête de la paix qui tombe durant la Semaine Sainte y est effectivement une tradition depuis plusieurs années et beaucoup de jeunes de Sevilla, Granada ou Madrid ont rejoint les villageois. Des lectures, des films ou une conférence, en solidarité avec la Palestine, ainsi qu un appel au boycott des produits israéliens ouvrent les soirées de concerts et de fête. Pour les nuits, l’immense complexe poly-sportif reste ouvert pour loger les visiteurs de l’extérieur. Une première auberge est en construction.

En tant que membre de l’association de solidarité Suisse-Cuba, je m’étais déplacée pour voir s’il existait effectivement une expérience socialiste un peu similaire à la révolution cubaine ici en Europe et j’en ai eu pour mon compte.

Le droit à la terre et au travail

A Marinaleda aussi, il a fallu d’abord passer par une réforme agraire. « La lutte révolutionnaire du peuple cubain a été une lumière pour tous les peuples du monde et nous avons une grande admiration pour ses acquis », m’explique Juan Manuel Sanchez Gordillo, maire communiste, réélu depuis 31 ans. Il était le plus jeune édile d’Espagne en 1979. En 1986, après 12 ans de luttes et d’occupations où les femmes ont joué le rôle principal, ce village a réussi à obtenir 1200 ha de terre d’un grand latifundiaire, terre qui a aussitôt été redistribuée et transformée en coopérative agricole de laquelle vit aujourd’hui presque tout le village. « La terre n’appartient à personne, la terre ne s’achète pas, la terre appartient à tous ! ».

A la ferme de la coopérative, EL HUMOSO, les associés travaillent 6.5h par jour, du lundi au samedi, ce qui donne des semaines de 39 h. Tout le monde a le même salaire, indépendant de la fonction. 400 personnes du village les rejoignent pendant les mois de novembre à janvier (olives), et 500 en avril (habas, haricots de Lima).

La récolte (huile d’olive extra vierge, artichauts, poivrons, etc.,) est mise artisanalement en boite ou en bocal dans la petite fabrique HUMAR MARINALEDA au milieu du village où travaillent env. 60 femmes et 4-5 hommes en bavardant dans une ambiance décontractée. Le tout est vendu principalement en Espagne. Une partie de l’huile d’olive part pour l’Italie qui change l’étiquette et la revend sous un autre nom. « Nous avons la meilleure qualité, mais malheureusement, c’est eux qui ont les canaux pour la commercialisation » m’explique un travailleur de la ferme. Avis donc aux magasins alternatifs de chez nous pour leur proposer un marché direct…

Les bénéfices de la coopérative ne sont pas distribués, mais réinvestis pour créer du travail. Ça a l’air si simple, mais c’est pour cela que le village est connu pour ne pas souffrir du chômage. En discutant avec la population, j’ai pourtant appris qu’à certaines époques de l’année, il n’y a pas assez de travail dans l’agriculture pour tous, mais que les salaires sont tout de même versés. Comme à Cuba, l’habitation, le travail, la culture, l’éducation et la santé sont considérées comme un droit. Une place à la crèche avec tous les repas compris coûte 12 euros par mois. A nouveau, ça rappelle Cuba où l’éducation est gratuite, depuis la crèche jusqu’à l’université.

Les maisons auto-construites

Plus de 350 maisons ont déjà été construites par les habitants eux-mêmes. Il n’y a pas de discrimination et l’unique condition pour une attribution est de ne pas déjà disposer d’un logement. La municipalité met à disposition gratuitement la terre et les conseils d’un architecte, Sevilla fait un prêt des matériaux. Les maisons ont 90m2, deux salles d’eau et une cour individuelle de 100m2 où on peut planter ses légumes, faire ses barbecues, mettre son garage ou agrandir en cas de besoin. Comme dans certaines régions à Cuba, un groupe de futurs voisins construisent ensemble pendant une année une rangée de maisons mitoyennes sans savoir encore laquelle sera la leur. Une fois le logement attribué, les finitions, l’emplacement des portes, les ouvertures peuvent être individualisées par chaque famille. Le loyer se décide en réunion du collectif. Il a été arrêté fixé à moins de 16 euros par mois. Les constructeurs deviennent ainsi propriétaires de leur maison, mais elle ne pourra jamais être revendue. (En dehors de l’auto-construction, j’ai rencontré une famille qui loue à 24 euros par mois ainsi que la seule ouvrière de la fabrique Humar Marinaleda qui vient de l’extérieur et qui paye, elle, 300 euros pour son logement. Les personnes qui souhaitent vivre à Marinaleda doivent y passer deux ans d’accoutumance avant une décision définitive).

Le coiffeur, qui fait plutôt partie de la minorité de l’opposition, est propriétaire de sa maison et se plaint de devoir travailler quand même. A ma question, pourquoi il ne vend pas sa maison à une des nombreuses familles espagnoles qui aimeraient venir rejoindre ce village, il dit qu’il y a tout de même aussi des avantages de rester ici. (L’opposition serait financée par le PSOE, Partido socialisto obrero espagnol, selon certaines sources).

Ce samedi de Pâques, les intéressé-e-s sont invités à la mairie pour une petite conférence. Le maire nous explique son point de vue sur différents points avant de répondre à nos questions. En voici quelques extraits ou résumés :

S’organiser

« Il faut lutter unis. Au niveau international, nous sommes connectés avec Via campesina, puis nous nous sommes organisés syndicalement et politiquement », nous communique le maire. Esperanza, 30 ans, éducatrice de profession, conseillère sociale bénévole de la municipalité, m’avait déjà expliqué ceci la veille au « syndicat », bar et lieu de rencontres municipal : « Ici, nous avons fait les changements depuis le bas, avec le SAT, syndicat de travailleurs d’Andalousie, anciennement SOC, syndicat fondé en 76, juste après Franco, et avec la CUT, collectif unitaire de travailleurs, parti anticapitaliste ».

Pas de gendarme

« Nous n’avons pas de gendarmes ici - ça serait un gaspillage inutile » Les gens n’ont pas envie de vandaliser leur propre village. « Nous n’avons pas de curé non plus –gracias à Dios ! » plaisante le maire. La liberté de pratiquer sa religion est pourtant garantie et une petite procession religieuse timide défile discrètement, sans spectateurs, dans le village en évitant la place de fête.

Le capitalisme

« La crise ? Le système capitaliste a toujours été un échec, la crise ne date pas d’aujourd’hui. L’avantage de la crise : le mythe du marché est tombé (...) Les réalités sont toujours les mêmes : quelque 2% détiennent 50% de la terre (…). Ceux qui veulent réformer le capitalisme veulent tout changer pour que rien ne change ! Dans le capitalisme, on a des syndicats de régime et non pas des syndicats de classe, il y a beaucoup d’instruments d’aliénation, pas de liberté d’expression, seulement la liberté d’acquisition (...) A Marinaleda, nous serons les premiers quand il s’agit de lutter et les derniers à l’heure des bénéfices. »

Démocratie

« Nous pratiquons une démocratie participative, on décide de tout, des impôts aux dépenses publiques, dans des grandes assemblées. Beaucoup de têtes donnent beaucoup d’idées. Nos gens savent aussi qu’on peut travailler pour d’autres valeurs qu’uniquement pour de l’argent. Quand nous avons besoin ou envie, nous organisons un dimanche rouge : par exemple certainement dimanche après cette fête, il y aura assez de jeunes volontaires qui viendront nettoyer la place ou préparer un petit déjeuner pour les enfants et tout ceci pour le plaisir d’être ensemble et d’avoir un village propre (…). La démocratie doit être économique et sociale, pas seulement politique. Quant à la démocratie politique, la majorité 50%+1 ne sert à rien. Pour une vraie démocratie, il faut au moins 80-90% d’adhérents à une idée. D’ailleurs, toutes nos charges politiques sont tous sans rémunération ».

Luttes futures et amendes…

Le maire appelle à participer à la grève générale annoncée par le SA pour ce 14 avril, en solidarité avec les sans terres en Andalousie qui ne bénéficient pas encore de leur droit à la terre et aussi pour nos revendications à nous. Il préconise aussi la nécessité de nationaliser les banques, l’énergie, les transports, etc. Nous devons 20-30 millions de pesetas d’amendes pour nos luttes différentes…

La culture, les fêtes

« Nous faisons beaucoup de fêtes avec des repas communs gratuits, et il y a toujours assez de volontaires pour organiser tout cela. La joie et la fête doivent être un droit, gratuites et pour tous. Ce n’est pas la mayonnaise des médias qui vont nous dicter ce qui doit nous plaire, nous avons une culture à nous. »

Expérience sociale unique en Europe

Avec un sol qui n’est plus une marchandise, mais devenu un droit pour celui qui veut le cultiver ou l’habiter, une habitation pour 15 euros par mois, du sport ou la culture gratuits ou presque (piscine municipale 3 euros pour la saison), un sens communautaire de bien-être, je pense pouvoir dire que Marinaleda est une expérience unique en Europe.
Chaque samedi d’ailleurs, le maire répond également aux questions des villageois présent-e-s à la maison communale sur la chaîne de la TV locale. Cela nous rappelle l’émission « Alô présidente » de Hugo Chavez, un autre leader pour lequel Gordillo a exprimé son admiration.

La désinformation

Apaga la TV, enciende tu mente - Eteins la TV, allume ton cerveau, ce premier mural m’avait frappé, il se trouve jusqu’en face de la TV locale… A ma question en lien avec la désinformation, Juan Miguel Sanchez Gordillo me fait part de son plan d’écrire un livre sur « Los prensatenientes » – la demi-douzaine de transnationales qui possèdent les médias dans le monde. « Pendant que la gauche écrit des pamphlets que personne ne lit, la droite économique, la grande bourgeoisie, installe chez toi plein de canaux de télévision racontant tous les mêmes valeurs et propageant la même propagande mensongère. (…) Au niveau de l’information, l’éducation est très importante » et, en ce qui concerne le programme national de l’éducation, cela ne lui convient pas. Jean Manuel Sanchez Gordillo me confie donc qu’il compte venir bientôt en Suisse pour étudier notre système d’éducation qui est organisé au niveau cantonal... Probablement il pense que nous sommes une vraie démocratie avec des programmes scolaires indépendants du pouvoir…

Des expériences alternatives au capitalisme qui font peur

Par rapport aux médias, la question que je me pose à nouveau est la suivante : Pourquoi l’expérience de Marinaleda est si mal connue en Espagne ainsi qu’auprès de nos édiles ? Pourquoi Cuba, cas d’école au niveau mondial en ce qui concerne la désinformation, mérite un budget annuel de 83 millions de dollars de la part des Etats-Unis, consacrés uniquement au financement de la désinformation et des agressions contre ce petit pays ?

Y aurait-il des alternatives au capitalisme qui fonctionnent depuis longtemps et qui font si peur à certains ?

Andrea Duffour

Association Suisse-Cuba

http://www.cuba-si.ch

Pour plus d’information : http://www.marinaleda.com

(1) Nouveau Parti Anticapitaliste, http://www.npa2009.org, article du 10.1.2010 "

Le théâtre municipal de Marinaleda :

lundi, mai 23 2011

[Article] Un témoignage de Madrid

Source : le Blog de Corinne Morel Darleux
Voir l'article d'origine : ici et la suite ici.

"Le mouvement Democracia Real Ya (DRY) s'étend en France, à la Bastille à Paris où un campement semble s'organiser et où les camarades du PG assurent sono, traductions et soutien, à Lyon aussi hier avec 300 personnes. Pendant ce temps, à Madrid, la place Puerta del Sol est occupée, les AG vont bon train, entre ceux qui veulent aller voter et ceux qui ne veulent pas (c'est jour d'élections aujourd'hui en Espagne), cependant tous d'accord sur une chose : "la calle no calla!".

"Declaramos ilegal la democracia actual". La décision de la Junta Electoral Central (le tribunal électoral espagnol) d'interdire les manifestations pour ne pas influencer le vote de dimanche n'a pas été suivie, c'est le moins qu'on puisse dire. Le mouvement Democracia Real Ya avait prévenu qu'il ne pensait pas obéir. Et depuis dimanche, à chaque fois que les rassemblements ont été interdits, le nombre de militant-e-s a augmenté. Des AG de quartier se mettent en place. Le gouvernement de Zapatero est complètement débordé.

Témoignage en (quasi) direct et images reçues tout au long de la journée de Madrid de ma camarade Céline Meneses qui est sur place.

madrid_220511_5_s.jpg 13h30 - Ici la place est comble. Des débats s'organisent un peu partout au milieu des manifestants, des badauds, des tentes et des stands improvisés.

Les mots d'ordre pullulent sur les murs: "Jamais la voix du peuple ne sera illégale", "Résistance à la dictature économique", "Ta corruption, ma perdition", "la calle no calla (la rue ne se taira pas)", "Démocratie en travaux", "que les banquiers paient la crise", ", "stoppons le nouvel ordre mondial", "ils ne le savent pas encore mais on va les dégager", "A bas le régime, vive la lutte du peuple on n'a pas peur!", "nous somme tous Tunisie, Egypte, Libye, Maroc, Grèce, Yémen, Portugal, France, Royaume Uni, Italie"

Il fait très chaud. Les jeunes se sont organisés. Ils passent et brumisent tout le monde.

Un seul mot face à ce spectacle: IMPRESSIONANT!

madrid_220511_s.jpg 14 h - On vote sur la question suivante:
-on reste une semaine de plus?
-on ne reste pas une semaine de plus?
-on reste plus d'une semaine s'il le faut?

Résultat majoritaire: on reste une semaine et plus s'il le faut!

Et si on n'obtient pas ce qu'on veut?
Proposition: "dans ce cas on viendra au moins tous les week-end et ce qui peuvent durant la semaine"

madrid_220511_2_s.jpg15h - Inquiétudes, il fait très chaud, des malaises.

On leur donne des panneaux solaires au cas où ils n'auraient plus d'électricité (pour le moment ils utilisent de accumulateurs d'énergie amenés par des manifestants). Réponse de la foule: "ok mais ça dépend! Qui les donne?" -"un donateur individuel anonyme" - "ok! Bravo!"

A noter d'autres options ont été proposées aux manifestants (générateurs etc) mais ils ont souhaiter choisir l'option la plus "écologiquement responsable" :)

A noter aussi: de grosses entreprises commela multinationale Inditex (Zara) veulent aussi faire des dons. Rejet absolu de la foule!

La proposition: des ag de quartier se réuniront dans la semaine.
La prochaine ag de la Puerta del Sol aura lieu samedi prochain à 12H.
Les propositions des ag de quartiers seront discutées lors de cette ag de samedi.

Cet après-midi à 18H, l'ag de Puerta del Sol va à décider du mode de fonctionnement des ag de quartier.

espagne18h_s.jpg 18h - Commission de stratégie à long terme. Madrid Calle del Correo. A côté de la Puerta del Sol

Les travaux s'organisent en une foultitude d'assemblées de travail appelées commissions.
Il y a de tout:
-commission infrastructure
-commission de stratégie à court terme
-commission des arts
-commission cuisine
-commission sociales
-commission des assemblées de quartiers
-commission lgbt
-commission du travail
-commission féministe
-commission d'extension du mouvement
-commission environnement
etc

En ce moment je me trouve dans la commission de stratégie à long terme. Ici on parle lutte contre le capitalisme. Le capitalisme version néolibérale ou version capitalisme d'Etat. Il est proposé d'en faire l'axe central de tout le mouvement. On parle aussi, réduction des droits des multinationales, socialisation des biens communs, lutte contre les expulsions de logement, interdiction des privatisations,réquisition des logements vides, abolition de l'héritage, lutte contre la publicité, lutte contre le mercantilisme, l'autogestion dans les entreprises en faillite (en laissant la dette aux entrepreneurs)...

Une demande aux syndicats sort de la foule: "convoquez une grève générale indéfiniment reconductible!". Mais ça ne plaît pas à tout le monde: "le mouvement et la grève doit venir du peuple, des assemblées de quartiers, les syndicats ne font pas le poids!" Attention s'exclame-t-on dans la foule: "si on fait une grève générale il faut qu'il y ait un maximum de soutiens et un minimum d'espoir. On ne fait une grève générale que si on pense obtenir ce qu'on veut!" Un autre précise: "la grève générale sera notre dernier recours, le mécanisme de défense du peuple, si on n'obtient aucune des réformes qu'on demande"

Des propositions d'actions qui rappellent l'appel et la pioche sont lancées :)
"Pour lutter contre le mercantilisme allons dans les centres commerciaux, sortons les affaires des magasins et jetons-les à la vue de tous dans le centre en appelant au boycott"....

Une grande école de réappropriation citoyenne de la politique dans les rues de Madrid en somme! :)

Le message de solidarité venu de France par ma voix a été reçu avec beaucoup d'enthousiasme et d'émotion. L'annonce des rassemblements chaque fois plus importants en France a été reçue par un tonnerre d'applaudissements. Certains ici on l'impression qu'ils font trop peu. Ils sont là depuis une semaine. Ils ont "le nez dans le guidon". Savoir qu'on vient de France les soutenir et qu'en France on s'inspire d'eux leur donne du courage.

espagne19h_s.jpg 19h30 - Beaucoup de gens ici prennent la parole en public pour la première fois. Les voix tremblent mais la rage de parler est plus forte. "Moi j'ai jamais parlé comme ça, je ne connais rien à la politique, mais ce que je sais c'est que je veux que quelque chose change et que là ça a enfin l'air possible"

La jeune femme qui s'exprime nous parle de consumérisme. Elle a la rage. Son discours sera l'un des plus applaudi.
Avant elle, une jeune immigrée a pris la parole en tremblant "je ne sais pas faire ça mais je voulais dire, ne perdons pas de vue l'idée d'une grève général, c'est trop important".

Ici tout le monde peut parler, on met en confiance ceux et celles (souvent) qui n'osent pas, qui ont peur. La censure est interdite. Le respect est la règle. Les modérateur et modératrices sont élu-e-s.
Magnifique...

espagne20h_s.jpg 20h30 - La discussion sur la grève générale a tout à coup pris un cours nouveau. Une jeune femme a proposé que cette grève inclut les travaux non rémunérés, notamment les travaux domestiques que les femmes font gratuitement. Cette intervention en a surpris plus d'un et plus d'une. "On n'est pas salariées, pourquoi on nous fait travailler gratuitement! Aucune raison! Le patriarcat a assez vécu! On n'est pas des esclaves" .

Un jeune homme s'emporte en voyant certains et certaines refuser cette proposition: "je ne vois pas d'où on se permet d'exclure qui que ce soit de la grève générale", "ma mère a été une esclave, ce n'est pas parce qu'on a intégré des normes de domination millénaires qu'on doit les accepter! Il est temps de changer!"

Finalement la proposition est acceptée à l'unanimité :) "les mères dans la rue!"

espagne22h_s.jpg 22h30 - La nuit tombe sur le campement de la Puerta del Sol. Comme tous les soir depuis mardi, ça s'active de partout. Il faut nourrir tout le monde, donner à boire, monter les nouveaux stands, monter les nouvelles tentes, informer les curieux et les anxieux.

L'organisation est très impressionnante. Ici tout est gratuit: boissons, nourriture. Le repas est servi de 23H à 01H.
Tout est prévu. Il y a même une garderie pour les enfants!
La commission infrastructure. "Avis à tous les membres d'infrastructure: nous avons besoin d'ampoules, des ampoules basse consommation, ramenez tout ce que vous pouvez!"
La commission documentation s'occupe de mettre en forme les archives des assemblées et des concerts,
La commission "légale" informe les gens sur les normes à suivre et sur leurs droits en cas d'arrestation.
Le service de propreté passe en continu pour récupérer les déchets.
Incroyable... Tout un monde s'est créé sur la Puerta del Sol. Et partout en Espagne et même ailleurs, le phénomène se reproduit!

La grande nouveauté ce soir: l'annonce d'un nouveau campement à...Istambul! :)
"Le mouvement s'étend partout camarades! On peut être fiers!" annonce un jeune au micro.

Des concerts s'improvisent un peu partout. L'ambiance est festive et sans heurts. La consigne de ne pas abuser de l'alcool et surtout de ne pas provoquer de violence est suivie (la seconde consigne surtout ;). "Ça leur donnerait une excuse pour nous virer".

Ici, on parle peu des résultats des élections régionales et municipales qui arrivent peu à peu.

Une chose est sûre à cette heure: le PP (la droite) a la majorité absolue dans un grand nombre de régions. Le PSOE (le PS espagnol) baisse fortement. Izquierda Unida est la seule force à augmenter à gauche. "Nous sommes la gauche qui monte" a déclaré ce soir Ramon Luque, coordinateur électoral d'Izquierda Unida.

Les résultats ne sont pas encore tous arrivés. A plus tard donc pour d'autres nouvelles ;)

"

samedi, mai 7 2011

[Docu] Le revenu de base

Le film "Le revenu de base" en version française. Une approche du revenu universel intéressante.

http://le-revenu-de-base.blogspot.com/

Téléchargement direct

samedi, avril 30 2011

[Conf - Economie] Le revenu universel

Quelles sont les options concrètes pour le revenu universel et sa mise en oeuvre ?
C'est la question sur laquelle les trois invités vont s'exprimer durant cette conférence organisée par Utopia, le 16 septembre 2008.

Conférencier :
Yoland Bresson, professeur d'Economie, Président de l'Association pour l'Instauration d'un Revenu d'Existence (AIRE)

Discutants :
Denis Baupin, adjoint à la Mairie de paris, Développement durable et Environnement, les Verts
Baptiste Mylondo, chercheur, Utopia

http://www.dailymotion.com/video/xamvau_revenu-universel_news#from=embed

La conférence datant de 2008, les chiffres proposés par Yoland Bresson ont évolué depuis. Dans ce billet -là se trouve une intervention plus courte mais plus récente (mars 2011).

Afin de sensibiliser le monde politique au versement d'un revenu inconditionnel ou revenu d'existence : signez l'appel pour le revenu de vie!

vendredi, avril 22 2011

[Point de vue] Le revenu d'existence, entretien avec Yoland Bresson

Entretien proposé par actuchomage.org avec Yoland Bresson, Professeur Emérite d’économie de L’Université Paris XII, Ancien Doyen de Faculté, Président de l'A.I.R.E (Association pour l'Instauration d'un Revenu d'Existence), datant de mars 2011.

http://www.dailymotion.com/video/xhqrwi_1-2-revenu-d-existence-de-yoland-bresson-pour-une-nouvelle-distribution-des-richesses_news

http://www.dailymotion.com/video/xhrkjz_2-2-revenu-d-existence-de-yoland-bresson-pour-une-nouvelle-distribution-des-richesses_news

"Le revenu citoyen de Dominique de Villepin, c'est un piège!"

http://www.dailymotion.com/video/xhlhqu_le-revenu-citoyen-de-d-de-villepin-c-est-un-piege_news

Ici l'article sur le site d'Actuchomage.org.

Ici à télécharger le texte condensé vérifié par l'auteur, du livre Une clémente économie "au delà du revenu d'existence" de Yoland Bresson.

Afin de sensibiliser le monde politique au versement d'un revenu inconditionnel ou revenu d'existence : signez l'appel pour le revenu de vie!

A.I.R.E : http://www.revenudexistence.org/

jeudi, avril 14 2011

[Article] Namibie : Les miracles du revenu minimum garanti

Article du Courrier International datant du 29 avril 2010
intitulé : Namibie / Les miracles du revenu minimum garanti.

Il s'agit d'une interview de Herbert Jauch.
Ce chercheur spécialiste des syndicats a dirigé jusqu’en janvier 2010 l’Institut namibien des ressources et de recherche sur le travail (LARRI). Il est membre de la Basic Income Grant Coalition (BIG) de Namibie. Cette alliance, qui regroupe Eglises, syndicats, associations de jeunes et de femmes, a lancé le revenu minimum garanti en 2008. Grâce à ce projet financé par des dons, les 1000 habitants d’Otjivero âgés de moins de 60 ans ont reçu 100 dollars namibiens (10 euros) par mois pendant deux ans.

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"Dans le cadre d’un projet pilote, les habitants d’un village déshérité ont reçu chaque mois l’équivalent de 10 euros. Deux ans plus tard, le bilan est vraiment positif, se félicite Herbert Jauch, le responsable du programme.



C.I :
On débat dans de nombreux pays de l’instauration d’un revenu minimum garanti (RMG) qui ne soit assorti d’aucune condition contraignante. Pourquoi la Namibie a-t-elle pris les devants avec ce projet pilote ?

HERBERT JAUCH :
La Commission d’orientation nationale a, dès 2002, recommandé le versement d’un revenu minimum à tous les citoyens pour mieux s’attaquer aux inégalités sociales. La Namibie est, selon les Nations unies, le pays qui présente les plus grands écarts de revenus au monde. Comme le gouvernement n’a pu se décider à instaurer un RMG, les Eglises et les syndicats ont lancé un projet pilote.

C.I :
Pourquoi avoir choisi le petit ­village d’Otjivero ?

HERBERT JAUCH :
Nous voulions un endroit dans lequel il ne se passerait rien pendant au moins deux ans : pas de programme de création d’emplois, pas de projet d’aide au développement, pas de rentrées financières. Il ne devait y avoir que le revenu minimum, soit 100 dollars namibiens (environ 10 euros) par personne et par mois. Otjivero avait l’air d’être dans une situation tellement désespérée que nous avons pensé au début que le RMG ne servirait pas à grand-chose, hormis une légère réduction de la pauvreté.

C.I :
Recevoir de l’argent sans condition, sans travailler, est-ce que cela peut faire bouger les choses ?

HERBERT JAUCH :
Ce sont des préjugés auxquels nous nous heurtons en permanence. Si les gens d’Otjivero ne travaillent pas, ce n’est pas parce qu’ils sont paresseux mais tout simplement parce qu’il n’y a pas de travail. Le fait est qu’ils n’ont pas dépensé cet argent pour s’acheter de l’alcool et qu’ils ne l’ont pas dilapidé pour rien.

C.I :
Qu’en ont-ils fait ?

HERBERT JAUCH :
Nous avons pu observer une chose surprenante. Une femme s’est mise à confectionner des petits pains ; une autre achète désormais du tissu et coud des vêtements ; un homme fabrique des briques. On a vu tout d’un coup toute une série d’activités économiques apparaître dans ce petit village. Cela montre clairement que le revenu minimum ne rend pas paresseux mais ouvre des perspectives.

C.I :
Vous auriez pu parvenir au même résultat avec des microcrédits ciblés.

HERBERT JAUCH :
Contrairement aux microcrédits et à beaucoup de programmes d’aide au développement classiques, le revenu minimum a un impact non seulement sur la production, mais aussi sur la demande. En Afrique, le pouvoir d’achat se concentre en général dans quelques centres, ce qui force les gens à quitter les campagnes pour les villes, où les bidonvilles finissent par s’étendre. Le RMG permet à des régions rurales de se développer, il crée des marchés locaux et permet aux gens d’être autosuffisants.

C.I :
Quels effets avez-vous pu constater à Otjivero ?

HERBERT JAUCH :
Le nombre de personnes vivant au-dessous du seuil de pauvreté est passé de 76 à 37 %. Avant l’expérience, près de la moitié des enfants étaient sous-alimentés, aujourd’hui ils sont moins de 10 % ; 90 % finissent leur scolarité, avant, ils n’étaient que 60 %. Et la criminalité a baissé.

C.I :
Pourquoi demandez-vous la création d’un RMG pour tous les Namibiens et pas seulement pour les pauvres ?

HERBERT JAUCH :
Cela demanderait beaucoup trop de travail et coûterait beaucoup trop cher de vérifier les besoins de chacun. De plus, il ne faut pas pénaliser les gens qui ont trouvé un travail ou qui se sont construit une existence. Celui qui gagne bien sa vie et qui est riche reverse le RMG à l’Etat par ses impôts.

C.I :
La Namibie pourrait-elle se permettre de verser un revenu minimum à tous ses habitants ?

HERBERT JAUCH :
La Commission d’orientation l’a calculé depuis longtemps. Le RMG coûterait 5 à 6 % du budget national. Pour le financer, il faudrait relever légèrement le taux maximum d’imposition, qui est de 34 % actuellement, et la taxe sur le chiffre d’affaires. Le gouvernement pourrait également introduire des prélèvements sur les exportations de matières premières et lutter contre l’évasion fiscale.

C.I :
Mais le versement du RMG serait très lourd à gérer.

HERBERT JAUCH :
Bien au contraire ! Les coûts de gestion représentent environ 10 %. A Otjivero, nous avons utilisé des cartes à puce personnelles pour l’identification des intéressés et ça s’est très bien passé. Et la poste namibienne affirme qu’il serait rentable pour elle d’ouvrir un bureau dans chaque ville en cas d’instauration du RMG. Même avec deux retraits d’argent sans frais par mois, ça vaudrait encore le coup.

C.I :
Qu’est-ce qui empêche la Namibie d’introduire le RMG ?

HERBERT JAUCH :
Le gouvernement n’est pas encore tout à fait convaincu. Notre ministre de l’Economie a compris que le revenu minimum constituait un instrument simple et bon marché pour changer les choses. Il y a cependant des résistances du côté du ministère des Finances et de notre Premier ministre, qui émet encore des réserves.

C.I :
L’expérience menée à Otjivero n’a-t-elle donc pas convaincu ?

HERBERT JAUCH :
La pression exercée par le Fonds monétaire international (FMI) n’est pas sans effet en Namibie. Le FMI a présenté des chiffres erronés sur le coût du RMG. Il prend par exemple en compte les plus de 60 ans, alors qu’ils ne sont pas concernés par le RMG. il craint que la Namibie démontre que le RMG fonctionne. Ce système deviendrait alors très intéressant pour des pays comme le Brésil et l’Inde.

C.I :
Comment réagissez-vous à cela ?

HERBERT JAUCH :
Nous faisons le tour du pays avec des gens d’Otjivero pour qu’ils racontent leur histoire. Et nous sommes soutenus partout ! Nous espérons pouvoir arriver à nos fins dans le courant de l’année prochaine. L’important, c’est que la pression de la base soit forte. Quand les électeurs l’exigeront, la SWAPO, le parti au pouvoir, ne pourra plus dire que ça ne l’intéresse pas."

Rapport du projet pilote (en anglais)